The power of vulnerability – Brenee Brown

Jusque là, étant un hybride entre le bulldozer et le marteau de guerre (et une espère de workoholique maladive qui lorsqu’elle n’avait plus de travail s’en trouvait à nouveau) j’avais du mal à mettre de la peluche et du duveteux dans mon rapport au monde professionnel ainsi qu’à laisser la place à être parfois, un peu moins forte, un peu moins dans la recherche de la perfection, à déléguer et… à accepter ma propre vulnérabilité.

Je mettais l’échec au rang de la honte et l’erreur dans la même case que l’absence de volonté de faire bien.
Je n’étais jamais assez pour moi-même, et par conséquent, j’étendais mon exigence personnelle aux territoires des autres.

J’avais pourtant au fond de moi, une forme de conviction, que bander les muscles et se montrer la plus forte, voire agir de manière « typiquement masculine » n’était pas la solution. Même si cela m’apportait plus de résultats que d’être gentille, douce et compréhensive, cela me laissait un goût particulièrement amer.

Il a fallu que je vois ce ted talk pour débloquer un achèvement et obtenir la clé de la compréhension et de la communication en matière de vulnérabilité.


The power of vulnerability – Brené Brown
N’oubliez pas d’activer les sous-titre français si vous ne parlez pas anglais.


Listening to shame – Brené Brown

Now let me ask you this question: This past week (…) how many of you, when you saw vulnerability up here, thought it was pure courage? Vulnerability is not weakness. I define vulnerability as emotional risk, exposure, uncertainty. It fuels our daily lives. And I’ve come to the belief — this is my 12th year doing this research — that vulnerability is our most accurate measurement of courage — to be vulnerable, to let ourselves be seen, to be honest.(1)

(1) Maintenant, laissez-moi vous poser une question (…) combien d’entre vous, quand vous avez vu de la vulnérabilité sur cet scène, ont pensé qu’il s’agissait de pur courage ? La vulnérabilité n’est pas une faiblesse. Je définit la vulnérabilité comme un risque émotionnel, une incertitude, une exposition (au public). Cela alimente nos vies. Et j’en suis venue à croire – ceci est ma 12ième année de recherche…– que la vulnérabilité est la meilleure mesure du courage — être vulnérable, oser se montrer, être honnête.

Au départ, en étant honnête et vraie avec moi-même, en montrant de la vulnérabilité, je suis allée d’échecs en échecs. Ma vulnérabilité était perçue comme une faiblesse et non comme du courage. Et il a fallu en redoubler (de courage) pour ne pas renoncer.
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Notre culture étant encore beaucoup lié au mécanisme de la honte et du bashing, cela a mis un certain temps à prendre. J’en ai donc appris un petit « how to be vulnerable ». Il s’agit de mon expérience personnelle, n’hésitez pas à venir enrichir mon propos ou à me faire votre feedback.

What’s wrong with being vulnerable… for real ? (Qu’il-y-a-t-il de mal à être vulnérable… pour de vrai ?)

  • D’abord pour se rendre vulnérable, il faut quand même avoir une force d’amour universelle INCROYABLE. Je blague pas, faut être très solide sur ses pieds et dans sa tête pour rentrer dans le domaine de la « vulnérabilité » en particulier au travail. Quelqu’un qui est un peu fragile, optera pour une psychologie de la défense (et elle aura raison, du moins un temps) qui consistera à tout faire pour ne pas se montrer vulnérable, car dès qu’on ouvrira cette porte ce sera le tir de barrage.

En premier parce que notre société n’est pas encore prête à faire face à la vulnérabilité, la sincérité, et la bonne volonté ; son carcan de compétitivité est assez rigide pour ne pas trop laisser place au pardon et à la compassion.

Ensuite le « syndrome du mouton noir » est tatoué profondément dans la peau de notre culture (et tristement, tellement chez les jeunes), et la moquerie ou la démonstration de force seront probablement les premières réactions suscitées par votre entourage professionnel lorsque vous vous montrerez vulnérable (bon en même temps je m’attendais pas à ce que la vulnérabilité soit accueillie comme un poussin fraîchement né, mais j’avoue que j’ai découvert quelques recoins sombre de l’âme humaine du coup…).

Enfin, parce qu’on considère la vulnérabilité comme le résultat d’un travail profond de la classe dominante sur les faibles. Je m’explique, lorsqu’on a identifiées des personnes qu’on souhaite « assouplir », c’est souvent pour les maintenir à des postes inférieurs et dont les tâches sont peu valorisantes ; donc on pointe leurs faiblesses et on les amènes à les observer comme des défauts et non comme des forces, ainsi, on trouve facile de justifier l’absence d’augmentation ou l’absence de progression professionnelle parce qu’il reste tant à perfectionner dans ce qui n’est « pas assez ».

  • Dans un second temps, il est nécessaire d’identifier clairement « pourquoi » se montrer vulnérable est utile. Sans but c’est une errance qui vous coûtera beaucoup sans rien vous apporter.
  • « Se montrer vulnérable », voire, se laisser l’être, n’est pas du tout incompatible avec « être discipliné »

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Avoir envie de s’améliorer ne passe pas obligatoirement par un besoin de se dénigrer, mais bien sûr de bien se connaître / reconnaître.
Il ne s’agit pas de céder de manière obsessionnelle à l’envie de perfection, mais juste de se mettre dans un processus d’amélioration continue de soi-même.

  • Faire une action pour montrer sa vulnérabilité n’a rien de transparent (ou d’évident) pour autrui.

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Lorsqu’on se met dans la démarche de montrer sa vulnérabilité c’est comme toutes les intentions, elles sont difficilement interprétables par vos interlocuteurs. L’interface Homme-Homme n’est pas aussi efficace qu’on veut bien le penser. Les personnes qui travaillent avec vous, seront toujours équipés d’un filtre de l’interprétation qui les mènera à penser que votre action de vulnérabilité peut être un piège, pour eux. Et là pas la peine de tenter l’approche du « fais-moi confiance », il ne suffit pas de le demander. Seuls les actes peuvent démontrer vos intentions mais là aussi, la patience est de mise, car la méfiance sera, elle, longtemps au programme.

Alors donc je disais j’ai expérimenté et je me suis cassé la margoulette, MAIS, j’ai quand même trouvées des choses qui fonctionnent là dedans.

How to start ? (Comment commencer ?)

– Restez vrai, si vous avez un caractère difficile, restez franc et annoncez la couleur, finalement, c’est aussi une preuve de vulnérabilité que de reconnaître son tempérament, dans ce qu’il a de parfois surprenant, cela évite bien des déconvenues et bien des surprises par vos amis.

– Ne voyez pas la vulnérabilité comme une faiblesse. Voyez le au contraire comme une force. Avoir le courage de baisser la garde et de donner des trésors de gentillesses finit TOUJOURS par payer même si la route est longue.

– Dialoguez. Ne restez pas dans votre coin silencieux comme une plante en pot. Souriez comme vous voudriez que l’on vous souri, et croyez dans la mimétique des actes et la symétrie des intentions.

– Ne soyez pas supérieur, ou parfait, avec vos collaborateurs, même s’ils occupent une fonction qui vous parait « inférieur » à la votre. Comme disent parfois les mamans « on a toujours besoin d’un plus petit que soi », et tous les rôles sont utiles dans une entreprise.

– Envoyez un mail avec des chatons/chiots/lapinoux/canardoux permets de montrer la portée de délicatesse de vos propos (c’est aussi un peu le cas du smiley, mais dans le clin d’œil plein de malice, peut subsister un peu de méfiance, alors que devant un mignon petit chaton : non, cette montagne de vulnérabilité qu’est le chaton fraîchement né est une marque de vulnérabilité. (Mais si ça ne marche pas, il doit y avoir une grosse part de paranoïa ou de peur des chats de votre interlocuteur…)

– Soyez poli, demandez pardon, donnez l’exemple.

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Si malgré cela, vous n’êtes pas convaincus du pouvoir de la vulnérabilité, rappelez vous comment des dessinateurs ont fait battre le terrorisme en retraite avec des crayons.
#JeSuisCharlie. #LesCrayonsDeFlorine.

Merci à Tipux pour les GIFs de cet article et Merci à Florine pour ses toujours aussi incroyables dessins

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