Dernièreminute.conne ?

On a beau le dire et le répéter -à moins que ça soit pour réserver ses vacances (et encore), ou pour bachoter ses examens de lycée- faire quelque chose à la dernière minute est souvent un jeu de stress à la djenga : on dépile les tâches qui restent à faire, mais de manière chaotique et avec le risque que tout s’écroule brusquement parce qu’on a dépilé la mauvaise tâche avant les autres…
On a pourtant chacun sa méthode pour gêrer le lastminute qu’il soit subit, ou consentit. Parfois avec plus ou moins d’ironie.

alice

 

1. La méthode barbapapa.

Restes comme tu es mec, keep cool, tout va bien, les autres sont là pour absorber, rattraper tes retards, et après tout, ils pourront bien absorber ta carrière aussi.
=> Tu peux donc tout aussi bien passer tes semaines à ne rien faire, effectivement, le contrat social n’existe pas, tu es toujours salarié… pour le moment.

2. La technique dite du ninja.

Idéalement tu t’es fait un plan de compèt’ avec tout bien planifié et organisé avec des timing de 5 à 10 min pour chaque tâche (comme un enchaînement de sport) et idéalement tu te chronomètres : là y’a quand même eue de la préparation, et un peu de planification, donc c’est pas le full free style de la last-dernière-ultime-minute-de-la-mort-qui-tue-deux-fois, et ça donne un peu de résultat.
Exception faites pour cette méthode : pas de recherche, pas d’étude, tu es tout puissant, tu n’as besoin ni d’internet, ni de lire des livres, ni de confronter des expériences, tu sais tout faire déjà…

3. La méthode que j’appelle « petit effort, gros gain »

On parle souvent d’ITIL et on oubli souvent combien ITIL en fait c’y tri tri simple y itil (oui, je vais aller me pendre après cette blague pourri)
Le principe même d’ITIL consiste d’abord -et avant tout- à faire un rétablissement rapide du service – ou un maintien de celui-ci avec les plus courts arrêts de service possibles- (même si ça tient avec 2 pinces et 3 bouts de ficelles hein… tant que ça dure pas, on s’en balance) Quoi qu’on dise, parfois, lorsqu’on fait du travail il faut renoncer à faire un chef d’œuvre et taper dans le quick and dirty. Et parfois le résultat du quick and dirty est étonnant (la dette technique donne juste pas envie de jouer au jeu de « qui a la plus grosse »…)

4. La méthode du « J’anticipe et je m’entraîne »

Alors effectivement, tous le monde sait que vous avez atterrit sur cet article en cherchant votre solution parce que vous êtes charrette et que la petite leçon du « fallait anticiper » va pas vous faire du bien, mais quelque part, le last minute work, c’est comme une compétition de sport. On s’entraîne, on s’entraîne, on s’entraîne et puis on sait parfaitement effectuer un enchaînement efficace.
=> Donc avant de faire du lastminute, commence par savoir faire du last24h.(et à apprendre l’endurance pour le cardio-training, parce que le stress du last minute a aussi des effets sur le coeur, et que si on est pas entraîné… ça peut avoir des conséquences sur la santé)

5. La méthode du « je le dis à mon chef »

Bon alors y’a pas à dire mais un chef c’est pratique. Quand t’es à la bourre, théoriquement c’est son taff d’absorber avec toi, du coup, si t’es en retard, et que tu maîtrises pas le last minute, tu fait amende honorable et tu vas voir ton chef pour lui dire que tu galères et que t’as besoin de sa vénérable sagesse.
=>Par contre cette carte joker ne va pas marcher longtemps, soyez malin et apprenez à être autonome.

6. La méthode du je procrastine et je vous em…

Certaines personnes sont tout le temps en train de remettre à demain les occasions de faire leur travail. D’abord parce qu’avec un peu de chance quelqu’un d’autre le fera à leur place Mais ensuite parce qu’ils sont animé du syndrome du « me reste 2 min ? Hoooo chu lAAAArge ».

=>Ben là écoutez j’ai pas de solution mais je serais friande de lire vos anecdotes de « j’avais 2min et j’ai quand même réussi ». (je pense que la barre des commentaires va être déserte.)

7. La « méthode Bill Gates »

Il est de notoriété publique que Bill Gates était un gros fan du last minute, parce que ça l’obligeait à travailler efficacement sur un court laps de temps. Ca n’a pas empêché windows d’utiliser ses premiers utilisateurs comme des Beta testeurs (ce qui est bon… discutable) mais ça ne l’a pas non plus empêché de se faire des millions (des milliards ????)
=> Est-ce qu’on peut dire que tu peux en tirer une leçon… euh…

Bill-gates-quotes-hd

Unless you’re made of Bill G. or Steve J.’s
Don’t try find yourself you’re jeez.

(oui alors les quelques fans qui écoutent du rap comprendront.)

De L’œuf ou de la poule…

Lorsqu’une idée de projet parvient dans la tête d’un corps de métier, les 2 premières questions sont toujours « Que voulons-nous ? » et « Combien ça va couter ? » (oui, parfois il arrive qu’un trouble fête demande « Pourquoi le faire ? », certains ont aussi le sens de la nécessité, mais pour la plupart, nos dirigeants d’entreprise restent des financiers, qui considèrent que caprices = besoins, on est pas loin de l’inutile donc indispensable, mais pourquoi pas, nous ne sommes pas là pour en juger.

Pour répondre à la deuxième question (combien ça va coûter ?) 2 solutions sortent directement du chapeau :

–          La première consiste à mettre en branle la pyramide hiérarchique des spécialistes consultants, qu’on alloue, momentanément, plus ou moins sur leur temps de veille informatique (quand elle existe dans les lignes budgétaires), ou de suivi des évolutions projets, pour connaitre un chiffrage, un budget à grosse louche, pour pouvoir présenter quelque chose dans les comités de haute administration.

–          La deuxième consiste dans la pratique de la technique, hautement critiquable pourtant réputée fiable, du « doigt mouillé », ou de « la lecture de boule de cristal » ou de « la consultation de la pity », celle-ci sort souvent des chiffrages suivi d’un K et du symbole Euros.

La première n’est pas tellement moins approximative que la seconde.

Bon je continue à croire au font de moi, au quasi dogmatique :

Les estimations doivent être basées sur l’expérience, la connaissance des compétences des équipes et du matériels, et la disponibilité des ressources, pas uniquement sur les budgets.

Donc : qu’on soit bien clairs. De l’œuf est de la poule, on se pose toujours la question, qui vient avant quoi ? Bon, mais du coût d’un projet qui n’est technologiquement pas détaillé, sans analyse, sans étude, sans preuve du concept ça reste de la haute voltige de prétendre que le budget arrivent avant la réalisation des fonctionnalités, non ?

On ne fait pas rentrer dans un petit budget un gros projet prêt à l’emploi ; tout comme on ne fait pas rentrer dans un œuf une poule finie avec ses plumes définitives,  prête à faire côt-côt, qui sait répondre au coq et qui pond déjà des œufs (ou bien la poule est très très génétiquement modifiée, mais ça aussi, ça a un coût !)

Cela dit, on ne réalise pas de projet sans budget initial, on ne fait pas de poule sans œuf.

Budget et réalisation sont interdépendants. Lorsque votre client l’oublie, rappelez-lui poliment, et avec toute la gentillesse dont vous êtes capable que le père noël n’existe pas, un projet basé sur la chance de ne rencontrer aucun risque et uniquement des personnes compétentes à bas coût, ce n’est même pas la devise de coca cola !