Mieux travailler ensemble…

(Image issue de « l’intern@ute »)

La notion est large : elle couvre un large périmètre de débats, conjectures et autres discussions de déjeuners interminables… L’adage est vrai : « Toutes les approches son bonnes pourvu qu’on ait raison » mais surtout, pourvu, ô pourvu qu’on ait la capacité de voir, constater, mesurer rapidement des résultats, et un retour sur investissement« , parce que faut pas se leurrer, on travail pour des pépètes, et surtout pour celles de la société…

Qu’on opte pour une approche Top-Down (avec la grosse voix du chef qui t’explique que c’est stratégique, que tu dois faire ce qu’il te demande, et que là faut se mettre à mieux travailler ensemble et vite quoi flute, c’est moi qui décide !) ou Bottom-up (parce que les opérationnels qui en ont marre d’avoir à faire des choses font remarquer des difficultés perpétuelles dans l’accomplissement de leur travail parce que c’est dur de passer son temps à cliquer fluteuh, après ça file des crampes aux doigts.) une approche horizontale est nécessaire :

La première approche auquel on pense est donc, souvent la dernière que l’on met en œuvre

Bien évidemment en bon gestionnaire qui surveille son budget on a envie de mettre en œuvre D’ABORD la solution la plus rapide ET la moins coûteuse… mais est-ce la plus efficiente ? Va savoir, va comprendre Charles, peut-être que le temps des employés vaut finalement plus que l’achat d’une bonne solution technique de derrière les fagots, bourrée de fonctionnalités et de jolie n’atouts, mais cela n’est que mon opinion elle n’engage que moi, et quelques nombreux employés dans ce monde cruel.
Et donc la première approche à laquelle tu penses quand on te dit « mieux travailler ensemble », toi : l’opérationnel ; habitué comme l’oisillon à recevoir de la mère poule infrastructure, les petits vers et le nid douillet des outils, tu penses forcément: à l’approche par l’outil.

Effectivement, pour ouvrir un fruit à coque, ou un coquillage, les singes ne s’y trompent pas ; ils ont très bien compris : on prend le bon outil et on tape !
Pour mieux travailler ensemble quoi de mieux qu’une bonne pierre (ou une feuille, ou un ciseau, tout dépend de l’école d’où tu viens) ou qu’un bon outil ?

Etudions quelques cas :

  • Un utilisateur qui voit apparaitre le nom d’un client avec qui il a travaillé peut transmettre une partie de sa connaissance, de son expérience, du passif avec ce client au sein de la société (ou par le biais d’une expérience antérieure) directement en réagissant sur un simple statut dans une timeline.
  • On peut aussi mesurer le taux d’expertise d’une personne, par exemple, par son degré d’implication sur un sujet (et de commentaires jugés pertinents par de nombreux thumbs up d’autres membres de la communauté)

On a beau dire ce qu’on veut, mais cela ressemble à une forme de capitalisation. Si des échanges se sont produits dans la salle à café, nul doute qu’il est complexe d’en conserver une archive et d’en retracer l’historique (à moins que, gros paranoïaque, tu te ballades avec un dictaphone) et nul doute que ça aurait manqué peut-être d’un peu de pragmatisme, voire de professionnalisme… (M’enfin, on se ment pas, si les clients étaient gentils, ça se saurait. 😉 )

  • Une catégorisation collaborative de sujets permet aussi d’organiser des contenus de manière intuitive, améliorant progressivement l’ergonomie de l’accès à l’information. Imaginez que vous puissiez étiqueter tout ce que vous faites par le biais de tags et de mots clés librement choisis (en fonction du contenu et la valeur ajoutée que vous y avez trouvé hein!) et qu’un outil, faisant l’indexation de cette taxonomie automatiquement, vous permettrait d’invoquer (avec force pentacle et technologie barbare) un Tag (ya !) :
  • « Par la force de ton moteur solR (à prononcer solaire) j’invoque tous les articles qui portent le tag « formation ». »

Imaginez comme toute la connaissance serait soudainement disponible rapidement, et vous n’auriez plus qu’à faire le tri… parmi des votes de pertinences, des dates de productions, de publications, voire par cote de popularité des auteurs. (Et puis ça éviterait à votre collaborateur de dire vigoureusement :

-« mais qui a é-crit cet-te do-cu-men-ta-tion in-di-ges-teuuuu avec laquelle j’ai envie de me to…. ? »-
-« c’est moi, et je suis ton chef, que dirait tu de faire un petit tour au pays des RH ?! »

Bon bref donc une approche par l’outil, ça se défend, m’enfin on sait tous que l’outil qui simule la salle à café pour la transformer en lieu de travail n’est pas encore tout à fait prêt à sortir même si cro$oft avec son « cher point 2013 » veut bien essayer de nous le faire croire. D’où la deuxième approche pas plus efficace mais pas moins complémentaire l’approche par les processus.

pour améliorer le travail il faut améliorer le geste de travail

Taylor en avait fait un peu son argumentaire pour améliorer les chaines de montage de tuture FORD (oui j’ai toujours rêvé de conduire une « Ford Tuture, la voiture du futur »), pour améliorer le travail il faut améliorer le geste de travail.

Donc pour améliorer le travail ENSEMBLE, il faut certainement améliorer le geste de travail ENSEMBLE.

Bon et « le geste de travail ENSEMBLE » c’est quoi ? (non ! toi, là-bas, tu baisses ce doigt !) J’ai envie de dire que le geste de travail ensemble c’est « comment on communique » et quand on doit faire une tâche « comment la fait-on ? »

Par exemple pour faire une tâche X on doit concentrer 3 cerveaux genre « un technique, un fonctionnel, et un expert légal » (c’est un exemple, ça peut aussi se dérouler comme ça en médecine).

On peut imaginer un process simple pour dire que machin, bidule et truc se retrouvent autour d’une table de réunion (on ne parlera pas de la difficulté d’avoir trouvé une salle de réunion, ou d’avoir vérifié les disponibilités des uns et des autres) et qu’ils échangent sur « qui fait quoi » genre toi, le légal, tu écris ça, toi le technique tu fais ça, et moi le fonctionnel je fais ça (on ignorera aussi le fait que le pouvoir décisionnel a donc été donné à l’un d’entre machin, bidule et truc, et on ne dira pas lequel pour ne pas faire de discrimination outrancière, même si on sait très bien que les fonctionnels sont bien évidemment les plus intelligents -et je ne dis pas ça parce que je fais partie de cette catégorie, mais parce que je suis la plus intelligente)

Cela dit raccourcir le « mieux travailler ensemble » par « mieux s’organiser pour travailler ensemble » c’est tellement beau que je vais aller vomir un arc-en-ciel.
Si tout était dans l’ordonnancement, que les notions de sentiments, de bonne foi, de bons sentiments résolvaient tous les problèmes du travail ensemble, pourquoi des imbéciles se casseraient-ils les bonbons à développer des outils ? Et pourquoi, pourquoi de plus en plus de sociétés s’équipent avec ces outils ? Pour se regarder les orteils à faire des processus exclusivement ?

Bon, soyons raisonnables, le principe c’est l’approche ensembliste : Outil + Process.

Un outil ne résout pas tout, des processus non plus.

Chacun couvre son périmètre et les deux sont complémentaires. Et malheureusement, quoi qu’on dise, l’un ne va finalement pas sans l’autre. Alors une société privée de cet outil peut se considérer comme sous-développée.