Euh… La formation ?

« La plupart des entreprises consacrent 50 à 70% de leurs ressources aux salaires de leurs employés. Pourtant elles ne dépensent que 1% de leur budget pour former leur personnel. La plupart des entreprises dépensent même plus de temps pour entretenir leurs locaux et leur matériel qu’elles n’en dépensent pour entretenir les compétences et perfectionner les individus. »

Kenneth Blanchard
… et pourtant ce sont toujours les Hommes (avec un grand H hein, n’allez pas me reprocher d’être sexiste) qui s’occupent des machines et des métiers.

Les locaux, bien qu’ils soient importants (surtout les postes de travail et lieux de vie où les employés passent beaucoup de temps) ne devraient tout de même pas être plus primordiaux que d’avoir du personnel compétent, et « amélioré », pourtant souvent, la refonte de locaux se produit avant (et au détriment) de la refonte des esprits. (Parce que modifier les locaux ça donne du peps youhouuu o/ alors que la formation ça donne de la compétence hin hin :-/ )

La formation n’est donc, malheureusement pas, le crédo de certaines sociétés :
– parfois cela vient d’une foi incommensurable dans l’humain : sa capacité d’adaptation, son aptitude à tirer une éducation de toutes les situations : On appelle ça l’enseignement à la dur, et finalement, cela ne forme qu’au terrain par le terrain. Ce qui en soit est une expérience, pas une remise en question ou une amélioration : ça passera ou ça cassera, nul doute qu’entrainer le muscle cérébral avec quelques méthodes clés pourrait éviter la sélection naturelle : Ce sont les sociétés Darwiniennes.
– parfois On constate aussi que cela vient d’une volonté de ne pas faire trop monter en compétence un personnel qui pourrait se sentir des envies de départ, mais c’est un procès d’intentions, que vous n’avez certainement jamais rencontré de toute votre longue vie professionnelle (oui oui sarcasme) ce sont les sociétés du Docteur Moreau (pour ceux qui ne connaitraient pas, Le docteur Moreau est un personnage de H.G. wells qui, à sa manière et en toute autonomie, se livrait à des expériences de mixage entre humains et animaux pour isoler les éléments qui font la « nature humaine » une bien belle cause pour une bien drôle de méthode, comme quoi la fin ne justifie pas toujours les moyens.)

J’entendais l’autre jour : « La formation c’est un peu la question « piège » de la part du candidat » par Julie. G. RRH.
Ça peut effectivement le devenir, surtout lorsqu’on sait que la formation n’est pas valorisée à sa juste valeur. Argument de poids ? Les formations coutent trop cher ? Pourquoi ne pas faire les vôtres alors, basées sur votre expérience et sur le partage entre équipe. Quelques heures de préparation et de présentation ne coutent malheureusement pas moins cher… Pendant que la formation se déroule, les ressources mobilisées ne sont pas en train de produire. (!!!)

Le problème c’est que l’amélioration ne fait pas partie du processus de production, alors que c’est indispensable

J.S. Directeur de projet. Me disait que dans sa société : « La dernière fois que le mot formation a été prononcé, il y avait théâtre et photographie dans la même phrase… » (ouais, un concept, mais rien de bien sérieux toutefois, le constat est un peu tragique.) « … parler d’auditeur alors que déjà la formation c’est édifiant… ça parait impossible » et pourtant, formation comme audition et étude de cabinet externes restent parmi les meilleurs leviers pour satisfaire plus le client, et améliorer la qualité, et gagner de l’argent (ce qui est rappelons le, l’objectif principal d’une société) donc même sans considération de l’humain, la formation fait partie des étapes obligatoires de l’industrialisation de la production.

Car il existe bien des façons de « former le personnel » à commencer par la pédagogie, l’encouragement, la mise en confiance (Même si je vous accorde que certains ont aussi besoin d’une formation pour cela… ) mais aussi le partage, la consolidation, et la traçabilité.

Dialogue, échange, communication, mais surtout, surtout documentation. Une utopie ? Et des formations (un rêve bleu ?) !

Heureusement, tous n’est pas noir, bien au contraire, certaines sociétés font leur fer de lance de la formation comme argumentaire de vente (pour les société clientes, ou pour les candidats): on peut donc trouver un pôle de formation interne (Comme le présente le groupe Hélice) un nombre de crédit important auprès des organismes de formation (Comme Atos), voire, des techniciens dédiés à réaliser de temps en temps des formations (Comme Microsoft) (Mais les exemples présentés là ne sont que des grosses sociétés, j’aurais pu en citer bien d’autres avec une volumétrie moindre mais tout aussi prometteuses.)

Quoi qu’il en soit, et parce que j’aime bien conclure c’est vrai, comme dirait maman « on n’a pas de pétrole mais on a des idées », qu’on pourrait allègrement transformer en « on n’a pas de budget formation, mais on a des experts »

Comments 2

  1. Les entreprises sont bien contentes de trouver des ressources formées au moment de l’embauche.
    Avec une formation en continu des salariés, ceux qui se retrouvent sur le marché de l’emploi se trouvent donc ré-employables, contrairement à maintenant, coûtent donc moins à la collectivité en allocations chômage, ce qui allège leurs charges.
    On attend quoi pour déclencher cette dynamique ? La perte du triple A ?

  2. C’est précisément ce qui dérange les sociétés : l’employabilité de leurs employés les rend vulnérables au débauchage voir à l’entrepreneuriat… Alors parfois ils préfèrent que leurs employés manquent un peu de compétence pour pouvoir leur reprocher, et pour s’empêcher de les perdre…

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