Don qui chiotte

La seule véritable ambition de ce blog est de donner un peu plus de valeur ajoutée au métier de chef de projet qui pendant de nombreuses années s’est retrouvé relégué

  • soit au rôle ingrat et peu gratifiant de passe plat,
  • soit dans celui de « chef » et larbin en même temps.

Bon je l’ai dit et rabâché mais comme dirait mon ami de WeAreMedia « répétition est mère de l’éducation » : un chef de projet c’est un pilote de 3 aspects primordiaux d’un projet : périmètre, budget, planning (bon et un peu qualité aussi); accessoirement et à ses heures (dont aucune n’est perdue) il est aussi un peu manager de ressources, mais de ce management dont on discerne mal les contours et qui n’a aucun pouvoir de sanction.
Bref il n’a de « Chef » souvent que le titre, et il pourrait passer sur M6 pour faire des fanes de carottes vapeurs, ça changerait pas grand chose.

Je ne traiterai pas aujourd’hui de la problématique du chef de projets qui a 25 bras comme Krishna et qui se retrouve à devoir contrôler périmètre, budget, planning, réunions fonctionnelles, pilotage d’offshore, relation commerciale avec le client, et à mettre les mains dans le code parce que tu comprends, à 50% de ton temps, tu es aussi développeur, et puis ça serait bête de gâcher tes belles compétences, après tout, on t’a pris parce que tu acceptais de faire les deux et vaille que vaille parce que de toute manière on n’a que toi, ou un groupe éventuel de personnes très motivées mais dont le décalage horaire est un poil violent, et pas vraiment à cheval sur ta journée de travail, mais si l’envie de bosser soir et week-end en plus t’intéresse, ben, y’a moyen.

Piranha et banette jauneNon je ne parlerai pas de celui-là, je m’inclinerai juste à lui tirer mon chapeau, parce que quand même, autant de sacrifices, on n’avait pas vu ça depuis mère Thérésa, mais je vais vous parler de ces Chefs de projets (mais aussi Directeurs de projets, Commerciaux, Assistants et autres Collaborateurs du même acabits) qui ont cette salle manie de transmettre d’un service à un autre, d’un client à un presta, d’un client à une ressource, (etc, etc, et points de suspensions …) des informations, des documents, ou des missions, sans y avoir apporté la moindre valeur ajoutée (si ce n’est que d’avoir rempli le minimum obligatoire et imposé du process : autant dire le minimum syndical + les pauses : Posez l’enveloppe dans la bannette jaune, merci.)

Je persiste à croire que tout comportement ayant pour but de n’apporter aucune valeur quand on demande à quelqu’un d’autre de faire notre taf mérite qu’on se fasse traire aimablement par une colonie de Piranhas qui auraient pas mangé depuis le James bond de 1967.

Ce chef de projet, ne vous trompez pas, s’appelle un passe-plat.

Et donc on fait comment quand on a un passe-plat dans les pâtes ? (oui, c’est un mauvais jeu de mot, je vous l’accorde, mais ça vaut mieux que ce qu’on trouve dans le pâté, non ?)

  • Le cas passe-plat collègue de travail.

Et ben on l’éduque !
D’abord on lui dit ce qui manque, explicitement.
S’il ne vas pas chercher l’info, on lui demande expressément de s’en charger et on lui pointe où la trouver, et si enfin il n’a rien trouvé par paresse, moment d’égarement, problème d’organisation, on lui dit enfin « ça, ça devrait être ton taf : je le fais mais une fois, pas deux »
Et surtout on ne le refait pas ! (et on ECRIT tout ce qu’on demande, voire on relance régulièrement)
Et si malgré tout cela, le passe-plat persiste à penser qu’il est serveur dans un restaurant parisien, on lui rappelle subtilement ce qui manque à son curriculum vitae : « Non mais Allo ? Allo ? t’es employé et t’as pas de compétences ? Alloooo ? C’est comme si t’étais un employé qu’on payait à rien faire, non mais alloooo y’a quelqu’un qui répond ? »

  • Le passe-plat qui bosse pour ton client…

… et qui souvent est ton seul intermédiaire avec celui-ci… On appelle ça un A-AMOA : un Assisté Assistant à Maîtrise d’OuvrAge.
Celui là on l’aime particulièrement pas, parce que c’est le choix du client, un mauvais choix, mais difficile de lui faire remarquer.
On a pour seule option que de tracer ses erreurs et de les remonter au client, et d’espérer que le client finira par faire le tri ; mais il faut être patient avec ce passe-plat-là.
En général, impossible de le faire progresser, ce passe-plat est vraiment le plus mauvais, même en prenant des décisions à sa place, il (ou elle) ne comprendra pas, et en profitera pour vous faire passer pour le méchant larbin qui n’obéit pas assez.

Passe-plat2

 

  • Le passe plat qui est ton client

Bon, là, pas de bol : courage, fuyez !
Ou plutôt obéissez, et rongez votre frein en attendant. C’est le client. Dites vous que déjà il est sympa de passer des plats, il pourrait ne pas les passer du tout, et vous demander de les passer à sa place. D’ailleurs, parfois, il le fait. Profitez-en pour vous faire embaucher, à sa place où à ces cotés, ça doit être bien sympa un boulot où on ne passe que les plats sans trop réfléchir pourquoi on le fait.

Conclusion :

Vous devez donc vous demander pourquoi donc ce titre là ?
Parce que Moralité : Il ne sert à rien de lutter contre les passe-plats comme Don Quichotte De La Manche lutte contre les brasseurs de vents, ils sont là, ils existent, il font chier (n’ayons pas peur des mots), il faut apprendre à faire avec. Et puis, c’est aussi un bon moment pour se convertir à Douglas Adams et oublier la brave chevalerie pour aller un peu farmer, et repasser le plat à votre passe plat préféré en lui demandant de requalifier.

 

Un grand merci à Omaha pour les illustrations de cet article.

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