Demain… les projets seront multi-prestataires.

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Chaque domaine du digital devient de plus en plus pointu, et réclame de fait d’être un expert dans chaque sujet abordé. Tout particulièrement dans le digital, la réalisation d’un projet s’avère très complexe, voire quasi impossible pour les entrepreneurs qui, avec une petite équipe, espèrent se placer face à des géants implantés lourdement sur le marché, et n’offrant plus que des « standards ».
C’était un peu l’espoir de l’open source, donner sa chance à des communautés, et permettre un usage professionnel, ça sentait le petit poney à plein tube et de beaux papillons surfaient sur des arc-en-ciel, mais on est encore loin de ce qui se profile.

  • Le monstre

Le problème principal repose dans le besoin de devenir multi-compétences (comme Leeloo Dallas Multipass) et d’avoir à la fois :
– Un rôle d’agence graphique, ergonomique, peuplée de talentueux esprits innovants, et spécialisés dans la recommandation d’architecture de l’information
– Un rôle d’agence dans l’accompagnement au marketing sous forme éditoriale, entre autre, mais pas que, parce que le wording, ça compte.
– Un rôle de conseil en marketing, couplée avec des outils pour faire des recommandations par l’étude du comportement des inter-intra-extra-nautes,
– Un rôle de référent et de metteur en oeuvre de projets mobilité et tous les aspects relatifs aux usages, qu’il s’agisse de téléphone ou de tablette


Mais il faut aussi…
– Connaitre parfaitement le SEO, ses enjeux, ses tenants et aboutissant, les services qui peuvent être consommés, et la régularité du suivi sur les différents moteurs de recherche
– Savoir faire du consulting dans toutes les phases projets de la conception à la réalisation en accompagnant par exemple dans le choix de l’outil et de technologie, en faisant de la recommandation d’architecture, du conseil de mise en oeuvre, et de l’accompagnement au changement -mais ça aussi c’est un peu de l’agence… ha ha !-
– Etre un pôle de production opérationnelle (depuis la réalisation : montage, développement, test unitaire, contrôle qualité …) mais aussi de la gestion opérationnelle (gestion de projet, suivi, recette, formation, accompagnement au changement aussi ici…)


Et en complément il faut…
– (tant qu’à faire) Proposer une offre d’hébergement et d’infogérance
– Avoir dans un coin quelque part (ou dans un placard) une petite possibilité d’offrir des services dans le Cloud (à pronnoncer Klaoudh par ce que je le vale bien !)
– D’être à l’occasion éditeur de solution si on peut, voilà voilà, rien que ça


Et avec tout ça faut avoir :
– un pôle commercial, riche, techniquement capable, pour aller chercher du business
– et puis un pôle recherche et développement pour s’assurer de la faisabilité technique d’une réalisation…
(Mais ces derniers sont des centres de coûts qu’il faut avoir la capacité d’anticiper et de couvrir… )
– etc. etc.

BREF ! A moins d’être un monstre à plusieurs têtes, de multiples yeux, de multiples cerveaux, et de nombreux bras, difficile de se positionner sur les demandes aussi larges que complexes qui ne représentent pas moins que l’absolument nécessaire pour la flopée d’appels d’offres qui inondent le marché.
Même les grosses structures peuvent souffrir du manque d’organes dans certains type de compétences : ce fut particulièrement le cas lorsque tous les sites webs ont du se décliner sur des terminaux mobiles, tablettes, et autres dessous-de-verre, et qu’aucun consultant n’était présent pour la recommandation de mise en oeuvre entre responsive design, site mobile et application mobile(…)
A l’absence de compétences existantes la seule réponse des grosses structures à cette problématique est d’abord d’opter sur les espaces de recherche et développement, difficile, pour le petit entrepreneur ou la petite structure qui souhaite montrer le bout de son nez sur le marché d’avoir une chance de pouvoir se positionner s’ils n’ont pas un gros temps à perdre.

Alors quoi faire ?

Laisser la place aux entrepreneurs a toujours été un moteur de l’innovation, un retour au simple et au sources de l’efficacité aussi. Alors pourquoi pas laisser une place aux entrepreneurs, mais surtout, leur donner la chance de s’associer en consortium.

Ce qui nous attend ?

A mon sens ce sont :
– Soit des grosses structures qui pourront répondre à des appels d’offre, seuls, voire avec de l’aide sur certaines briques toutes particulières puisées dans la source originelle des free disposables à volonté…
– Soit des mega-consortiums de petites structures qui se coordonneront et seront en mesure de répondre ensemble chacune avec son domaine d’expertise.

Ce qui va changer ?

multi_prestaLe mode de gestion de projet bien-sûr. Demain, on aura des supers-chefs-de-projets, probablement indépendants qui se chargeront à temps plein de faire le relais entre de nombreuses structures et le client qui ne souhaitera pas devoir consolider le travail de ces consortiums. En terme organisationnel ça va aussi changer la donne, on ne pilote pas de la même manière de nombreuses structures indépendantes (chacune avec son propre mode organisationnel) et des entités au sein d’une même société, déjà parce que chaque société a ses enjeux, ses forces mais aussi ses faiblesses (comme la folle envie de glandouille et de refourguer la patate chaude à un autre prestataire)… Il faudra aussi lutter contre l’improductivité, et accepter l’autorité de ce super-CP. Mais il faudra aussi savoir vendre sa prestation et faire valoir de son savoir organisationnel.

Est-on mature pour cela ?

Je ne sais pas, je pense qu’avec un peu d’ouverture d’esprit (et de temps et d’argent bourdel!) oui. On voit bien de nombreux mode de management se profiler : entre la journée recherche et développement chez Google et l’auto management chez Valve (la célèbre marque de jeux vidéo on a démontré que d’autres formes de « faire » se profilent, on peut bien imaginer une « méthode universelle » et des consortiums particulièrement performants et actifs entre petites structures d’entrepreneurs et qui auront tout à fait leur place sur le marché concurrentiel. Ça offrira un nouveau panel aux clients et les prestataires ne seront plus seulement des mégas structures bureaucratiques avec de niveaux hiérarchiques, mais probablement des hybrides composites travaillant en parfaite symbiose… (et là on pourra retourner rêver à nos magnifique petit poneys) poney_land_2

Comments 3

  1. Ce que tu décris là est particulièrement vrai au niveau européen par exemple, il est fréquent que plusieurs petites sociétés de consultance s’unissent pour répondre à un appel d’offre, chacun mettant à disposition une partie de la main-d’oeuvre/des compétences nécessaires. Ces sociétés négocient alors parallèlement avec la Commission et également entr’elles pour (se répartir) le budget/timing.

    Sur des plus petits projets, je constate personnellement un phénomène de réseaux : si pour répondre à un projet une société XYZ a tout à coup besoin d’un expert dans un domaine qui lui échappe, elle va faire appel à un (des) expert(s) indépendant(s) qu’elle connait, et bosser avec lui pour couvrir la demande. D’un projet à l’autre, la boite s’adjoindra donc de l’un ou autre indépendant de son carnet d’adresse.

    Les supers-hommes-à-tout-faire existent aussi, j’en connais quelques uns parfois très bons dans de multiples domaines (maitrisant du design graphique au hosting), mais il peinent plus à se faire une place ; plus une société est importante, plus elle aura du mal à faire confiance en une petite PME.

    V/

  2. Plutôt d’accord, mais j’ai en fait envie de dire : demain c’est aujourd’hui !

    Depuis que je bosse en agence, à peu près tous les projets que j’ai vus sont en association ou avec sous traitance (parfois de plusieurs couches).

    Et on a le réflexe « trouvons un freelance » quand on cherche une compétence.

    Tu pourrais approfondir plus le coté challenging et les inconvénients de cette orga (billet en préparation ?), il y a des choses à dire je pense.

  3. Disons que pour le moment, je me demande surtout si un super MEGA CP indépendant pourrait répondre à un appel d’offre constitué exclusivement d’un consortium de sous-traitant…
    Mais oui il a des avantages comme des inconvénients à cette organisation. Mon article parlait surtout du fait que bientôt les projets seront EXCLUSIVEMENT à multiples prestataires, car même les grosses sociétés avec de multiples Business Unit finiront par avoir des lacunes particulières dans un domaine, voire, plusieurs.

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