Compétition et productivité.

« There’s nothing like a little competition to suddenly boost productivity »

« Il n’y a rien de mieux qu’un peu de compétitivité pour décupler la productivité. »

J’ai toujours cette image de deux coureurs cote à cote, aux jeux olympique de je ne sait plus quand, je devais avoir 10 ou 12 ans. L’un deux veut remporter la course. Il sont vraiment flanc-contre-flanc. Tout le monde regarde une caméra est braquée sur eux. L’un deux s’y prend très fort et assène un coup dans les cotes de son voisins. C’était discret mais pas assez. Et puis il gagne la course, tous le monde l’acclame, et puis… le jury le disqualifie.
Longue incompréhension du coureur, je ne sais plus ce qu’il a dit précisément ce jour là, mais ça ressemblait à « ouais mais c’est la compétition, c’est comme ça« .
J’avoue ça m’avait scotché, comme les nombreux « c’est comme ça » que j’ai pu entendre dans ma vie. (en passant par les « ça fait des années comme ça, et que ça fonctionne, je vois pas pourquoi ça changerait », mais le sujet n’est pas celui-là)

S’il n’y avait pas quelques règles à la compétition, et que le jury ne l’avait pas disqualifié, ce coureur, aurait ouvert les hostilités et aurait engendré une nouvelle façon de courir et de gagner les courses, ou une jurisprudence du coup bas : la compétition avec un poignard..
A quoi aurait ensuite servi de courir quand il aurait suffit de poignarder son adversaire pour gagner ? Le spectacle n’aurait plus été au rendez-vous, et finalement encore moins la notion de fair play, les jeux olympiques auraient donc perdu tous leurs sens, et leur raison d’être.

La vie professionnelle est pareil. Un peu de compétitivité, juste pour voir qui a la plus grosse… présentation powerpoint. Ou qui réalise le plus vite, une tâche similaire, dans un but commun, est toujours un moteur de qualité, et d’amélioration. Qui en général se fait à la faveur et à la (on espère grande) satisfaction du client. Un peu, de compétitivité.

Toutefois, si on observait une compétitivité au sein d’une même équipe, unie (normalement) dans un but commun (arrêtez moi si je me trompe), on se rendrait vite compte que gagner le match serait très difficile, encore plus en le faisant avec efficience et rapidité.
Admettons que 4 personnes se suivent dans une course de relais. Si l’une d’entre elle, pour prouver qu’elle court plus vite, faisait un croche patte à ses équipiers, voire, rendait le témoin glissant, ou peu préhensible, elle ferait prendre le risque à toute l’équipe, même à elle-même de ne pas gagner la course.
Et, si finalement, l’équipe gagnait la course, se serait avec d’autant plus de difficultés qu’elle y serait parvenue. Elle pourrait donc être placée à un niveau de course supérieur, probablement dans une meilleure division. Malgré tout, cette équipe aurait remportée un encore plus franc succès si elle n’avait pas été mise à l’épreuve par elle-même. Peut-être aussi qu’elle aurait simplement parvenu à finir la course sans trop de pertes et avec la possibilité de courir à nouveau ensuite, sans crainte.

Tout comme le Jury de ces jeux olympiques, lorsque la compétitivité devient trop forte, il faut y mettre fin, pour garder en tête le principe de « gagner » la confiance et la satisfaction du client.
Mais encore faut-il que le jury lui-même ne se sente pas en compétition avec les concurrents. Un management qui se sent menacé sera d’autant plus apte à accepter les guerre intestines surtout si elles ne sont pas orientées vers lui.

La compétitivité doit toujours s’inscrire dans un démarche, et il faut garder le focus sur ce BUT. Si aucune démarche n’est en jeu, la compétitivité pour le simple spectacle de voir les gens se mettre des bâtons dans les roues n’est qu’une expérience anthropologique sociale et culturelle.
La compétitivité sans but n’est qu’une expérience d’observation.
Et lorsque l’observateur se retrouve dans la position de cautionner les interactions violentes, c’est parce que celui-ci se sent menacé dans sa position.
L’anthropologiste qui travail au milieu des singes n’a pas peurs que ceux ci lui volent sa place, même si les singes observent l’anthropologiste en retour. Il y a un espèce d’acquis, une confiance, et puis un certain abandon, l’anthropologiste sait quelle est sa place, et que ce ne sont pas une bande de singes qui s’agitent qui vont lui prendre…
à moins que…

Mais alors qu’en est-il de la productivité ? Et du résultat ?

Comments 1

  1. Peut-être que l’élément-pivot ici est la déontologie. Mais comme nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes, celle-ci a la définition que chacun lui en donnera.
    Ou encore, celle-ci s’arrête car « la fin justifie les moyens » (comme dans le cas de l’athlète, qui peut se retrouver à considérer que plus le niveau de compétition est élevé, plus les coups bas sont tolérés.

    Enfin, certains ne fonctionnent qu’en comparant la longueur de leur appendices caudaux et se sentiront frustrés s’ils ne peuvent simplement se mettre en avant par rapport à leur collègue, même si la situation ne justifie en rien une quelconque compétitivité (comme tu dis, se focaliser sur le but). Mais tu sais déjà cela.

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