Come to the dark side we have cookies.

Derrière cette accroche culinaire digne de Top chef aux meilleurs heures d’audimat, se cache une question que nous, chefs de projets, consultants, et autres assistants-esclave à la disposition du client nous posons :
Faut-il toujours être du côté du client ?

Toi aussi tu les as entendu tes clients exprimer des besoins nécessaires, absolus, totalement importants, et indispensables dont ils ne se sont pas servis plus de 5 min (mais que valent 5min de son temps face à l’équilibre planningo-budgettaire du projet que tu pilotes pour lui ?)
Tu as peut-être aussi eu la chance d’avoir des clients qui n’attendaient que toi pour leur dire que certains de leur besoins n’étaient pas utiles, pas courants, par ergonomiques, ou ne créeraient pas de nouvelles pratiques, mais qui t’ont quand même répondu : « on fait quand même » (tu sais la phrase que tu aimes entendre).

Oui toi aussi, tu as entendu la petite voix te dire « oui mais c’est le client, c’est lui qui paye ».
A ton Gemini Cricket de mes deux, je lui répondrais cette phrase de Sénèque…

« Quand tous les génies qui ont jamais brillé se réuniraient pour méditer sur cet objet, ils ne pourraient s’étonner assez de cet aveuglement de l’esprit humain. Aucun homme ne souffre qu’on s’empare de ses propriétés; et, pour le plus léger différend sur les limites, on a recours aux pierres et aux armes. Et pourtant la plupart permettent qu’on empiète sur leur vie; on les voit même en livrer d’avance à d’autres la possession pleine et entière. On ne trouve personne qui veuille partager son argent, et chacun dissipe sa vie à tous venants. Tels s’appliquent à conserver leur patrimoine, qui, vienne l’occasion de perdre leur temps, s’en montrent prodigues, alors seulement que l’avarice serait une vertu. (2) Je m’adresserai volontiers ici à quelque homme de la foule des vieillards : «Tu es arrivé, je le vois, au terme le plus reculé de la vie humaine; tu as cent ans ou plus sur la tête; eh bien, calcule l’emploi de ton temps; dis-nous combien t’en ont enlevé un créancier, une maîtresse, un accusé, un client; combien tes querelles avec ta femme, la correction de tes esclaves, tes démarches officieuses dans la ville. Ajoute les maladies que nos excès ont faites; ajoute le temps qui s’est perdu dans l’inaction, et tu verras que tu as beaucoup moins d’années que tu n’en comptes. (3) Quelle en est donc la cause ? Mortels, vous vivez comme si vous deviez toujours vivre. Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé; et vous le perdez comme s’il coulait d’une source intarissable, tandis que ce jour, que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire, est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels; à vos désirs on vous dirait immortels. »

Ouais ça en jette dit comme ça. D’ailleurs, ça en jette par les fenêtre en fait, du temps, du temps qu’on rémunère combien ? et le client il paye pour quoi ? pour le temps qu’on gaspille à ne pas remplir le sien ?
Est-ce que le défi du chef de projet c’est de faire en sorte d’employer, et le moins sottement possible, son temps, et celui du client ? Et dans ces cas là, de quel coté de la force doit-il se placer ?

  • Qu’est-ce qu’il y a des bien à se mettre du coté du client ?

– C’est un peu de la psychologie de comptoir PMU, mais le client aime bien avoir un interlocuteur qui fasse preuve d’empathie, le client, aime se faire masser les tempes, les pieds, et si possible la b… qu’on se dise à sa place « moi si j’étais client, je voudrais voir ça, mais pas ça ». Du coup, il attend simplement qu’on lui facilite la tâche, au quotidien, il attend donc qu’on prévoie que ses utilisateurs soient satisfaits.

– A force d’être du coté du client, on se personnifie pour lui. On devient, à ses yeux son meilleur représentant, et on opte, pour lui, pour les meilleurs solutions, on prend les bonne décisions dans son intérêt. C’est une conquête de confiance, et d’honneur, on peut à ce niveau là se décerner une couronne, une médaille, ou un pin’s, mais alors juste pour l’égo (parce qu’après tout, le client, même s’il nous fait confiance, fini toujours par se rappeler que nous sommes des prestataires).

– Parfois, être du coté du client déporte chez le client, de MOE on devient AMOA, parfois même chez le client, pour le client, avec le client et potentiellement on fouette d’autres prestataires pour leur faire payer le lourd tribut de sang, de sueur et de temps qu’on a sacrifié, et on reproduit la pyramide de la violence et de la haine.

  • Mais alors c’est quoi le souci de se mettre du coté du client ?

– On prend le problème à l’envers. 80% du temps le client demande comment il devrait faire usage de sa main. Sauf que normalement, c’est sa main. On l’emploiera jamais à se mettre des baffes, mais le client, lui il y croit, il dit souvent quelque chose qui ressemble vaguement à « vas-y prend ma main et puis frappe toi avec ». Bon j’exagère, ça ressemble souvent plus à « vas-y prend mon SI, et interface toi avec, débrouille toi pour savoir comment, hein prévois tout tout tout, c’est plus simple, mais pas cher hein, moi, je veux une Ferrari mais pour le prix d’une Clio ». Là on aimerait pas être du coté du client mais à la place du client.

– Le client a aussi une petite tendance à demander en plus du « clé-en-main » du « voiture-avec-chauffeur-et-cuillère-en-bouche ». Et là, se mettre du coté du client, ça revient tout simplement à faire son taff… et le sien. Si possible, ça serait presque sympa si on pouvait aller bosser à sa place, mais bon, là tout de même, non, on peut, pas, ça finirait par se voir, enfin peut-être que non, qui sait ?) : Là adieu Veaux, Vaches, Cochons, Week-End (oui j’aime bien donner une touche champêtre à mes WE)

– Aussi, il arrive souvent que le client fasse preuve d’une profonde mauvaise foi, et là, se mettre à la place du client, c’est faire un essai trans-genre entre absurdité Douglas-Admasienne et Masochisme Sadien : en un mot comme un autre, avec un client de mauvaise foi, le parti pris est de toute manière de la folie : si on se met de son coté, il abusera, et si on ne s’y met pas, il abusera aussi.

– Enfin, le client, s’il était compétent et savait ce qu’il voulait, il ne te demanderait pas à toi, prestataire de faire un travail : il le ferait lui-même. S’il fait appel à ton sens de l’animation endiablée de G.O.P. (C’est comme les G.O. du club med, mais en mieux et avec des projets -mais qui danses la zumba pareil-), c’est parce que son projet, il ne peut pas le faire seul, il ne sait pas le faire seul, et son temps, s’il vaut de l’argent, le tiens aussi. Et là, chacun sa place dans l’équipe, ton rôle c’est aussi de lui faire un peu l’avocat du Diable en dansant la salsa du démon.

Que faut-il en conclure : faut-il se mettre à la place du client jusqu’à la personnification totale par l’empathie, ou choisir le coté obscure de la force (et les cookies) ?
Heureusement, entre la danse du ventre ou le ton sarcastique à l’encontre de la bêtise client il existe un autre choix : comme un bon plat exotique, il reste la douche écossaise : un coup chaud un coup froid.
Parfois être pour le client et parfois lui rappeler que chacun sa place, moi je baisse mon pantalon et toi…

Le principe de peter

[…]La seconde extension est appelée Loi de Dilbert (du nom d’un personnage de bande-dessinée) ; elle relève plus de l’empirisme que d’une déduction sociologique réelle. Elle suppose que les employés les moins compétents seront toujours affectés aux postes où on est sûr qu’ils produiront le moins de dégâts, c’est-à-dire l’encadrement.

Peter remarque que la compétence, chez les employés d’une organisation, se répartit selon une loi normale :

10 % sont super-incompétents ;
20 % sont incompétents ;
40 % sont modérément compétents ;
20 % sont compétents ;
et 10 % super-compétents.

Peter observe que les 80 % au centre de la courbe restent au sein de la hiérarchie, mais pas les 20 % aux extrêmes, c’est la « défoliation hiérarchique ». Si le renvoi des 10 % super-incompétents semble évident, celui des 10 % super-compétents n’en est pas moins logique.

La super-compétence est plus redoutable que l’incompétence, en cela qu’un super-compétent outrepasse ses fonctions et bouleverse ainsi la hiérarchie. Elle déroge au premier commandement : « La hiérarchie doit se maintenir ». Pour qu’un super-compétent soit renvoyé, deux séries d’évènements doivent se produire :

la hiérarchie le harcèle au point de l’empêcher de produire ;
il n’obéit pas aux principes de « respect de la hiérarchie ».

Si l’une des deux séries manque, il n’est pas renvoyé.

Pour les personnes constatant leur propre incompétence, Peter recommande diverses diversions, par exemple la « spécialisation dans le détail » (un directeur d’école ne s’intéressant qu’à établir des sens de circulation dans les couloirs), ou « l’aberration totale », cette dernière consistant à cesser tout à fait de tenter d’accomplir son travail. Ces méthodes ne sont pas considérées comme mauvaises pour l’entreprise ou l’organisation, étant donné que dans toute organisation le travail est accompli par les personnes compétentes, les incompétents ne pouvant que les gêner.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

La culture entrepreneuriale c’est la favorisation de la culture de la prise de risque.

http://www.amazon.fr/pal%C3%A9oanthropologue-dans-lentreprise-Sadapter-survivre/dp/221254667XWouhaaaaouuuuu, C’est pompeux, j’adore ! Il fallait un spécialiste de l’homme de cro-mignon pour pointer du doigt la structure la plus représentative de l’évolution humaine : l’entreprise et la vision de la place de l’homme à l’intérieur.

« On ne change pas une méthode qui gagne » pas si sûr de ça…
Pascal Picq en rappelle que les entreprises comme les civilisations s’écroulent souvent à cause de ce qui a précisément fait leur réussite… Et si la longévité passait par le droit à l’erreur ? par l’acceptation de la différence ? par la liberté d’entrepreneuriat ?

l’entrepreneuriat : changer les mentalité ?

… On appelle ça chez nous « le capital risque » aux états unis, on tente sa chance. : on a donc ici un vrai problème de vocabulaire.
En plus : culture de l’essai erreur, c’est à dire qu’on peut pas imaginer chez nous une trajectoire à la steve Jobs qui invente un produit génial […] qui fait une erreur marketing […] monumentale… dont sa société se sépare pour le voir revenir avec d’autres idées.
… tout cela parce que nous sommes un pays Judéo-chrétien qui confond « l’erreur » avec « la faute »…

Extrait de l’interview de Pascal Picq.


(un gros désolée pour la pub, un jour, on aura des adblocker aussi pour ces pubs là….)

Tout ça pour dire que qu’il faut non seulement favoriser une culture de l’essai erreur, où on ne se fait pas taper sur les doigts violemment lorsqu’on se trompe, mais qui aussi, redonne une autre (et pas une seconde ou une nouvelle) chance de réaliser quelque chose sans diplôme, sans perfection non plus.
Bref, une ose pour les parcours atypiques, les nouvelles méthodes, la conquête et la créativité …
Tout cela nécessite bien-sûr un remaniement des mentalités, en particulier dans une société qui favorise et conditionne la rémunération et le recrutement non sur le succès, les expériences, les échecs rencontrés, mais sur le niveau de diplome (et donc le formatage d’esprit).

Tout cela est bien sur tiré du très bon article des échos : (que je vous recommande chaudement de lire)
et de l’ouvrage de Pascal Picq un paléoanthropologue dans l’entreprise » aux éditions Eyroles.

La Technique du Bulldog

Pas très loin des clichés du cinéma réservé à un public qui commence à peine à maitriser sa langue natale, la technique du bulldog, consiste à se comporter comme un chien qui jamais ne lâche  sa prise sur un élément (l’os) et réagit agressivement ou de manière menaçante (grogne, aboie) lorsqu’on tente de lui retirer. Cela parait être un peu cabot, mais il ne faut pas « être chien » pour faire une petite revue des inconvénients, et avantages de la technique du bulldog :

* Pourquoi l’employer ?

Bon, d’abord, pour avoir la technique du bulldog, il ne faut pas forcement se sentir l’âme d’un chanteur de rap qui porte une arme et un râtelier doré (ou pas d’ailleurs, de nombreuses chaines et pacotilles, ou signes extérieur de richesse font souvent parfaitement l’affaire –oui, tu peux ranger ton i-ped) ni d’un homme de main qui doit faire le sale boulot (le cliché veut que beaucoup de ceux qui emploient la méthode s’inspirent des films sur la pègre, la mafia, ou les caïds des cités…)

Il faut avoir un enjeu à employer cette méthode : soit une absence totale d’éthique et de sens moral, soit, a contrario, une cause morale indemordable et indiscutable dans laquelle on se sent dans son bon droit.

Parfois, la méthode est indispensable car :

« l’homme est un loup pour l’homme » (ouais j’aime bien quand je cite Rabelais comme ça…)

et surtout :

le collègue de travail et un loup enragé et ambitieux qui ne se privera pas d’aller voler dans ton assiette surtout si ses dents sont plus longues que les tiennes

et que :

le client est un Dahue pour le prestataire qui peut parfois souffrir de longues heures sous les postillons de la colère divine parce que là, y’a un angle, il est moche, et que bon, c’est inadmissible de livrer ce niveau de qualité, parce qu’un angle, qui est moche, dans un bloc, dans un coin, ça remet bien-sûr en cause tout le business.

(oui certaines expériences reste sans commentaire…)

* Quand l’employer ?

Mais revenons à nos bulldog plutôt que de les compter, ou de jouer à saute bulldog.

Que ce soit à temps plein ou à temps partiel, la technique du bulldog est à employer de préférence lorsqu’on est certain de gagner : ça consiste à tenir à son os car on est certain de pouvoir le conserver (oui, si vous avez une tendance chie-wouah-wouah*, ou char-pet*, laissez tomber, ça va pas le faire), ou à tenir à sa proie comme si on était le ou la seul(e) à pouvoir la manger.

Lorsque je dis « certain de gagner » je veux clairement dire « savoir par expérience » (et donc par un minimum de factuel et d’empirisme, n’allez pas appliquer la méthode à l’aveugle après la lecture de votre horoscope chinois qui vous disait que ce matin, vous allez mettre le feu) Il faut donc employer la méthode lorsqu’on a une chance d’avoir le dessus, ou de gagner : la méthode ne se pratique pas comme on pari aux courses (même si parait-il c’est basé sur un minimum de factuel), car sinon, parfois on perd son meilleur cheval.

Il faut donc se sentir l’envie d’endosser un « mauvais rôle » pour quelque chose pour lequel on est certain de faire un maximum de bénéfice ensuite (vous mettant par là même à l’abri de toute représailles attendues, et facile à prévoir lorsqu’on emploie cette méthode), il ne faut pas avoir peur de l’avis d’autrui, l’opprobre est un peu le principal risque de la méthode, le temps est le seul allier pour montrer qu’on a eu raison de procéder ainsi.

Un bulldog c’est donc quoi ou qui ?

« Un bon bulldog a la mâchoire articulée sur avec un cran de blocage inusable » (Sylvain P. Chef de projet), je vais quand même nuancer le propos, on peut voir le bulldog aussi comme une « mère juive » qui veut protéger ses enfants et son patrimoine des agressions ou profits extérieurs.

Le bulldog-style est une méthode comme une autre pour illustrer un propos, ou défendre un principe.

Il est difficile de travailler dans une société capitaliste et de se rappeler que l’on travail pour la communauté des employés qui la peuple : c’est à la fois antinomique et contradictoire : le capitalisme étant la valorisation de l’individualisme, la société étant une somme d’individu qui doivent former un groupe homogène et solidaire ; Ceci, Provoque  parfois des débordements.

De même, une équipe projet entre client et prestataire, bien que chacun « dans un camp » doit former une unité solidaire, prête au dialogue, au pardon et à la compréhension mutuelle dans un but commun : sortir un projet, mais doit aussi défendre ses intérêt personnel : défendre ses ressources, ses estimations, son besoin, son périmètre fonctionnel.

Comment éviter le combat de chien ?

  • Restez factuel. Lorsqu’un bulldog grogne et râle sans raison, il convient de savoir quel est son intérêt et s’il a une réelle légitimité à le faire. Par conséquent si vous employez la méthode, pensez à avoir les bonnes raisons de le faire.
  • Restez ferme. Ne pas augmenter l’agressivité, juste tenir fermement sur son os, ou son propos, ne pas en faire trop, ne pas être agressif sans raison.
  • Restez ponctuel : Un Bulldog qui grogne de manière aléatoire pour la moindre broutille, et qui ne fait jamais preuve de souplesse lorsqu’on lui flatte un peu la tête perdra toute crédibilité et toute marque de potentielle confiance.


Sinon il reste la bonne vieille méthode de la patte de velours, plutôt que bulldog, restez gros minet.

Euh… La formation ?

« La plupart des entreprises consacrent 50 à 70% de leurs ressources aux salaires de leurs employés. Pourtant elles ne dépensent que 1% de leur budget pour former leur personnel. La plupart des entreprises dépensent même plus de temps pour entretenir leurs locaux et leur matériel qu’elles n’en dépensent pour entretenir les compétences et perfectionner les individus. »

Kenneth Blanchard
… et pourtant ce sont toujours les Hommes (avec un grand H hein, n’allez pas me reprocher d’être sexiste) qui s’occupent des machines et des métiers.

Les locaux, bien qu’ils soient importants (surtout les postes de travail et lieux de vie où les employés passent beaucoup de temps) ne devraient tout de même pas être plus primordiaux que d’avoir du personnel compétent, et « amélioré », pourtant souvent, la refonte de locaux se produit avant (et au détriment) de la refonte des esprits. (Parce que modifier les locaux ça donne du peps youhouuu o/ alors que la formation ça donne de la compétence hin hin :-/ )

La formation n’est donc, malheureusement pas, le crédo de certaines sociétés :
– parfois cela vient d’une foi incommensurable dans l’humain : sa capacité d’adaptation, son aptitude à tirer une éducation de toutes les situations : On appelle ça l’enseignement à la dur, et finalement, cela ne forme qu’au terrain par le terrain. Ce qui en soit est une expérience, pas une remise en question ou une amélioration : ça passera ou ça cassera, nul doute qu’entrainer le muscle cérébral avec quelques méthodes clés pourrait éviter la sélection naturelle : Ce sont les sociétés Darwiniennes.
– parfois On constate aussi que cela vient d’une volonté de ne pas faire trop monter en compétence un personnel qui pourrait se sentir des envies de départ, mais c’est un procès d’intentions, que vous n’avez certainement jamais rencontré de toute votre longue vie professionnelle (oui oui sarcasme) ce sont les sociétés du Docteur Moreau (pour ceux qui ne connaitraient pas, Le docteur Moreau est un personnage de H.G. wells qui, à sa manière et en toute autonomie, se livrait à des expériences de mixage entre humains et animaux pour isoler les éléments qui font la « nature humaine » une bien belle cause pour une bien drôle de méthode, comme quoi la fin ne justifie pas toujours les moyens.)

J’entendais l’autre jour : « La formation c’est un peu la question « piège » de la part du candidat » par Julie. G. RRH.
Ça peut effectivement le devenir, surtout lorsqu’on sait que la formation n’est pas valorisée à sa juste valeur. Argument de poids ? Les formations coutent trop cher ? Pourquoi ne pas faire les vôtres alors, basées sur votre expérience et sur le partage entre équipe. Quelques heures de préparation et de présentation ne coutent malheureusement pas moins cher… Pendant que la formation se déroule, les ressources mobilisées ne sont pas en train de produire. (!!!)

Le problème c’est que l’amélioration ne fait pas partie du processus de production, alors que c’est indispensable

J.S. Directeur de projet. Me disait que dans sa société : « La dernière fois que le mot formation a été prononcé, il y avait théâtre et photographie dans la même phrase… » (ouais, un concept, mais rien de bien sérieux toutefois, le constat est un peu tragique.) « … parler d’auditeur alors que déjà la formation c’est édifiant… ça parait impossible » et pourtant, formation comme audition et étude de cabinet externes restent parmi les meilleurs leviers pour satisfaire plus le client, et améliorer la qualité, et gagner de l’argent (ce qui est rappelons le, l’objectif principal d’une société) donc même sans considération de l’humain, la formation fait partie des étapes obligatoires de l’industrialisation de la production.

Car il existe bien des façons de « former le personnel » à commencer par la pédagogie, l’encouragement, la mise en confiance (Même si je vous accorde que certains ont aussi besoin d’une formation pour cela… ) mais aussi le partage, la consolidation, et la traçabilité.

Dialogue, échange, communication, mais surtout, surtout documentation. Une utopie ? Et des formations (un rêve bleu ?) !

Heureusement, tous n’est pas noir, bien au contraire, certaines sociétés font leur fer de lance de la formation comme argumentaire de vente (pour les société clientes, ou pour les candidats): on peut donc trouver un pôle de formation interne (Comme le présente le groupe Hélice) un nombre de crédit important auprès des organismes de formation (Comme Atos), voire, des techniciens dédiés à réaliser de temps en temps des formations (Comme Microsoft) (Mais les exemples présentés là ne sont que des grosses sociétés, j’aurais pu en citer bien d’autres avec une volumétrie moindre mais tout aussi prometteuses.)

Quoi qu’il en soit, et parce que j’aime bien conclure c’est vrai, comme dirait maman « on n’a pas de pétrole mais on a des idées », qu’on pourrait allègrement transformer en « on n’a pas de budget formation, mais on a des experts »

Compétition et productivité.

« There’s nothing like a little competition to suddenly boost productivity »

« Il n’y a rien de mieux qu’un peu de compétitivité pour décupler la productivité. »

J’ai toujours cette image de deux coureurs cote à cote, aux jeux olympique de je ne sait plus quand, je devais avoir 10 ou 12 ans. L’un deux veut remporter la course. Il sont vraiment flanc-contre-flanc. Tout le monde regarde une caméra est braquée sur eux. L’un deux s’y prend très fort et assène un coup dans les cotes de son voisins. C’était discret mais pas assez. Et puis il gagne la course, tous le monde l’acclame, et puis… le jury le disqualifie.
Longue incompréhension du coureur, je ne sais plus ce qu’il a dit précisément ce jour là, mais ça ressemblait à « ouais mais c’est la compétition, c’est comme ça« .
J’avoue ça m’avait scotché, comme les nombreux « c’est comme ça » que j’ai pu entendre dans ma vie. (en passant par les « ça fait des années comme ça, et que ça fonctionne, je vois pas pourquoi ça changerait », mais le sujet n’est pas celui-là)

S’il n’y avait pas quelques règles à la compétition, et que le jury ne l’avait pas disqualifié, ce coureur, aurait ouvert les hostilités et aurait engendré une nouvelle façon de courir et de gagner les courses, ou une jurisprudence du coup bas : la compétition avec un poignard..
A quoi aurait ensuite servi de courir quand il aurait suffit de poignarder son adversaire pour gagner ? Le spectacle n’aurait plus été au rendez-vous, et finalement encore moins la notion de fair play, les jeux olympiques auraient donc perdu tous leurs sens, et leur raison d’être.

La vie professionnelle est pareil. Un peu de compétitivité, juste pour voir qui a la plus grosse… présentation powerpoint. Ou qui réalise le plus vite, une tâche similaire, dans un but commun, est toujours un moteur de qualité, et d’amélioration. Qui en général se fait à la faveur et à la (on espère grande) satisfaction du client. Un peu, de compétitivité.

Toutefois, si on observait une compétitivité au sein d’une même équipe, unie (normalement) dans un but commun (arrêtez moi si je me trompe), on se rendrait vite compte que gagner le match serait très difficile, encore plus en le faisant avec efficience et rapidité.
Admettons que 4 personnes se suivent dans une course de relais. Si l’une d’entre elle, pour prouver qu’elle court plus vite, faisait un croche patte à ses équipiers, voire, rendait le témoin glissant, ou peu préhensible, elle ferait prendre le risque à toute l’équipe, même à elle-même de ne pas gagner la course.
Et, si finalement, l’équipe gagnait la course, se serait avec d’autant plus de difficultés qu’elle y serait parvenue. Elle pourrait donc être placée à un niveau de course supérieur, probablement dans une meilleure division. Malgré tout, cette équipe aurait remportée un encore plus franc succès si elle n’avait pas été mise à l’épreuve par elle-même. Peut-être aussi qu’elle aurait simplement parvenu à finir la course sans trop de pertes et avec la possibilité de courir à nouveau ensuite, sans crainte.

Tout comme le Jury de ces jeux olympiques, lorsque la compétitivité devient trop forte, il faut y mettre fin, pour garder en tête le principe de « gagner » la confiance et la satisfaction du client.
Mais encore faut-il que le jury lui-même ne se sente pas en compétition avec les concurrents. Un management qui se sent menacé sera d’autant plus apte à accepter les guerre intestines surtout si elles ne sont pas orientées vers lui.

La compétitivité doit toujours s’inscrire dans un démarche, et il faut garder le focus sur ce BUT. Si aucune démarche n’est en jeu, la compétitivité pour le simple spectacle de voir les gens se mettre des bâtons dans les roues n’est qu’une expérience anthropologique sociale et culturelle.
La compétitivité sans but n’est qu’une expérience d’observation.
Et lorsque l’observateur se retrouve dans la position de cautionner les interactions violentes, c’est parce que celui-ci se sent menacé dans sa position.
L’anthropologiste qui travail au milieu des singes n’a pas peurs que ceux ci lui volent sa place, même si les singes observent l’anthropologiste en retour. Il y a un espèce d’acquis, une confiance, et puis un certain abandon, l’anthropologiste sait quelle est sa place, et que ce ne sont pas une bande de singes qui s’agitent qui vont lui prendre…
à moins que…

Mais alors qu’en est-il de la productivité ? Et du résultat ?

Je te suivrais, où tu iras j’irais, fidèle comme un pass navigo.

La Stib veut sécuriser la carte Mobib

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La Cnil tacle Navigo

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Dans un pays où la liberté est une vertu pour laquelle il faut se battre bec et ongles à n’importe quel prix, même si par définition, la liberté commence là où s’arrête celle des autres…

Faut-il vraiment avoir peur d’un système qui trace nos allez-et-venus dans les transports en communs ? Et y’a-t-il vraiment des caméras et une puce de traçabilité dans nos téléphones portables pour tout les déplacements que l’on fait en dehors du métro parisien ?

Quand on cherche on trouve.
Si quelqu’un me cherche, il me trouvera. Que la RATP puisse savoir où je suis ou pas. Et je ne suis pas sûre qu’ils le sachent vraiment.
Mais admettons que quelqu’un veuille savoir, où moi, moi, mon nombril et moi-même (oui, le propre de la skyzophrénie étant bien le dédoublement de personnalité et la paranoïa) Je pense que je ne pourrais rien y faire. A moins de courir vite, de brouiller les pistes, d’avoir besoin et raison d’avoir quelque chose à cacher, et d’alterner entre transports en communs, taxis, et bus.
Je pense qu’avec ou sans pass navigo, anonyme ou pas, si quelqu’un me cherchait, il me trouverait. Il aurait fallu déjà être plus discret sur facebook, viadeo, linked in, ne pas envoyer de CV, ne pas avoir un dossier aux impôts ou ne pas prendre un appartement. Le principe de la confidentialité, c’est un principe moral, pas vraiment réel. Et pendant qu’on se plaint du problème d’anonymat de notre pass navigo, on continu à fournir notre feuille d’imposition à nos propriétaires.

Le paradoxe du psychologue.
Quand on rencontre quelqu’un qui est psychologue (ce qui n’est pas mon cas), ou qui a fait des études de psychologie (ce qui est mon cas) on entend souvent autour de soi un « ha mais tu vas m’analyser » Oui. Et puis quand vous croisez un docteur il va vous occulter, un avocat il va vous faire un procès et un tatoueur tien, il va forcement vous tatouer… Bon et un agent de la RATP ? Il va vous suivre ? Tracer vos pas ? D’abord non seulement, personne ne se réjouis de travailler (non personne, pas d’illusion à se faire) mais si c’est pour bosser encore plus en dehors du taff… Je pense que les agents de transports (ceux qui ont accès à des informations sur vos « voyages » dans le reseau parisien) n’ont cure de vous, personnellement vous. Par contre il s’intéressent certainement au type de population qui voyage dans quel sens, et à quelles heures, et finalement tout ça pour vous proposer de la pub, mais surtout, aménager le nombre de voitures disponibles, la fréquences de passage, voire ajouter des aides à la montée, et ça, après tout, les privée de cette info, c’est bien dommage, pour eux, mais surtout pour vous.

Bref, je me pose donc bien la question du débat là-dessus. Est-ce qu’il est vraiment besoin (et temps) de casser les pions de la RATP pour commencer à améliorer leur service quand il y a tant de domaines qui mériterait un remaniement de valeurs…

Voeux 2011

« Pour qu’une chose soit vraie il faut qu’en plus d’être vraie elle entre dans notre vie » (Christian Bobin)

Incroyable ce que le temps passe vite. Ça nous rajeunit pas ça ben dis-donc. 2011 Déjà Déjà, Pfioulàlà… Et là, je dois vous envoyer mes vœux, déjà…

Oui, je dois avoir dans ma besace quelques autres sentences types tout ce qu’il y a de plus banal et commun à vous balancer pleine d’amertume, d’hypocrisie et d’envie, genre « bonne année, mes meilleurs vœux pour vous, la joie, le bonheur l’argent, l’amour… » sans le penser le moins du monde, avec le petit sourire qui fait juste mal… Mais en vérité je vous le dis (oui c’est très christique ça) c’est que ma quête perpétuelle de l’originalité, et mon amour passionnée de la sincérité me pressent toutes deux (oui, on dit UNE amour, mais MA amour ça sonnait moins bien) à vous souhaiter pour cette année quelque chose de plus spécial :

Je vous souhaite de vous ENGAGER et de vous DEPASSER.

Engager de « mettre en gage » ou se lier par une promesse qui doit être exécutée, s’unir dans une convention qui doit être respectée, bref, de tendre la main ou de la mettre un minimum à la pâte.

Dépasser de « ne pas se suffire de soi-même pour tenter d’être meilleur », ne pas se limiter à sa médiocre existence de vermine terrestre.

Bref, bande d’occidentaux trop gâtés par dame nature, je vous souhaite de vous engager dans une mission personnelle ou humanitaire, mais de faire le pas en avant bien au-delà des bonnes résolutions que vous aurez tôt fait d’oublier une fois formulées, je vais donc vous souhaiter pour cette année nouvelle toute la meilleure volonté, la plus forte pugnacité, la plus profonde empathie, la plus sincère écoute, la plus grande sagacité, le plus intense courage et la foi la plus imprégnée (si ce n’est dans un Dieu, que ce soit en vous-même pour l’accomplissement des mirâââcles) .

Je ne vous dirais pas quoi faire, pour cela il y aura le forum des associations, le journal de 13H, le magazine Geo, votre grand-mère avec sa petite retraite, le blog de sexactu, ou le site de l’abbé Pierre… Il y a tant de travail à accomplir, tant de chemin à fouler, qu’il vous suffit de vous retrousser les manches, et de vous ouvrir un peu le cœur, pour trouver du labeur, et sortir de votre torpeur de pays riches pleins de confort cotonneux, et enfin de vous apercevoir, qu’il existe mieux, oui, oui, mieux que de vous abîmer dans la longue contemplation de votre bien-être, pendant que tant d’autres crèvent la faim, gèlent de froid, ou s’étiolent dans l’ignorance et l’illettrisme, alors, que vous vous, avec toutes vos ressources intérieures, vous avez tant à donner.

Avoir de la profondeur n’impose pas d’être creux, et un nombril par définition, c’est creux. Se dépasser c’est aussi cela, lever les yeux, et regarder, (voire retirer son casque pour entendre…) C’est aussi ne pas se satisfaire (et s’endormir) dans les petites joies du quotidien, mais bel et bien de s’éveiller à l’esprit de conquête, de mettre son « je peux le faire » sous le bras, c’est donc aussi dépasser ses limites, repousser ses barrières, et se savoir capable de bien plus (pour aller plus haut…) , car mettre la barre plus haut aussi épuisant que cela puisse paraître (comme de devoir se lever pour remettre la main sur cette satanée télécommande) provoque bien plus de satisfactions pérennes et abondante que les plaisir égoïstes auxquels vous aurez la tentation de céder (donne-moi cette pâte de fruit, donne !).

Bref, en 2011, Résiste ! Prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout, va, refuse ce monde égoïste.