Great leaders…

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(…) Both kind of leaders, those inside and outside the corporate world, possess certain psychological traits. They tend to be adaptable and responsive, high in empathy, and able to see problems from all sides. These qualities require two distinct forms of cognition : social intelligence and flexible, deep analytic intelligence. An effective leader can quickly understand opposing views, how people came to hold them, and how to resolve conflicts in ways that are percieved to be mutually satisfying and beneficial. Leaders are often adept at briging people together -suppliers, potential adversaries, competitors, characteres in a story- who appear to have conflicting goals. A great business leader uses her empathy to allow people or organizations to save face in negociations so that each side in a completed negociation can feel they got what they wanted (and gifted negociator can make each side feel they got a little bit more than the other party). (…) it is no coincidence that many great leaders are also great storytellers – they motivate others around them with a compelling narrative, one that they themselves embody.

The Organized Mind – Daniel Levitin
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Pas mieux…

La mise en concurrence ou le paradoxe du choix

Je mange sans Gluten. Ce n’est pas totalement un choix. La brioche, la pizza, les hamburgers, les sandwichs, les pâtes (…) me manquent terriblement et je ne peux pas dire que chocolatines (ou les pains au chocolat pour les ayatollahs du genre et ils sont incroyablement nombreux !!) ne me font pas régulièrement de l’œil dans la salle à café (les chocolatines, vous suivez ?) avec tout ces départs en mission de consultants…

Il est toutefois indéniable que d’avoir changé mon mode d’alimentation (en raison d’une intolérance) a réduit largement le champ de mes possibilités alimentaires (dans un premier temps) mais avec le temps, je peux dire, que cela m’a allégé la vie. Voire que cela m’a rendue heureuse.

Vous me demanderez :

« Mais comment tu peux dire que ta vie est mieux ? Tu dois passer ton temps à lire des étiquettes partout pour découvrir régulièrement que tes choix sont très limités ? »

ainsi que :

« Et bowdel, comment tu peux dire que tu es heureuse alors que tu ne manges plus de pizza ???? »

Pizza(1)*

Je répondrais que vous avez tort.
Déjà parce que les pizzas sans gluten, c’est possible.
Ensuite parce qu’en limitant mes choix alimentaires ce régime m’a apporté une prise de décision plus facile, plus rapide, moins encombrée par la crainte du « bon choix » et m’a permis de me consacrer à faire finalement moins de choix, mais, finalement, les plus sereins.

Comme le dis si bien Barry Shwartz :

Plus les gens ont de choix, plus ils sont libres, et plus ils sont libres, plus ils ont de bien-être. Ceci est tellement intégré dans la pensée que personne ne penserait à le remettre en cause. C’est profondément intégré à nos vies. (…) Cet incroyable liberté de choix (…) nous impose de choisir encore et encore et encore(…).[… Si nous devons choisir telle ou telle société (comme me le demandait un candidat l’autre jour), Si nous allons manger là où là ou encore là ou là, vers quelle destination devons nous partir en vacances ? Devons-nous prendre telle ou telle marque de lessive, ou regarder telle ou telle série ? ça vous rappelle quelque chose ?]

Toute cette profusion de choix a des effets négatifs sur les gens : Le premier, paradoxalement, c’est la paralysie, plutôt que la libération. Avec autant de choix, les gens trouvent difficile de choisir. (…) Mais aussi, si on arrive à surmonter la paralysie et à choisir, nous sommes finalement plus insatisfaits que si nous avions moins de choix. (…) les alternatives imaginées nous font regretter notre décision, et le regret se soustrait à notre satisfaction, même si nous avions pris la bonne décision. Plus il y a de choix, plus il est facile de regretter les aspects décevants de notre choix. En effet comme il site un autre talker (Dan Gilbert) « la valeur que nous donnons aux choses dépend de ce à quoi on les compare. » (…) Si il y a de nombreuses alternatives, il est facile d’imaginer les bons côtés des possibilités que nous avons rejetées et de nous rendre moins satisfaits des alternatives que nous avons choisies.

Je m’arrête là pour la citation, je vous invite à regarder son Tedtalk disponible à la fin de ce post ou à lire son livre sur le sujet si cela vous intéresse.

Mais j’aimerais qu’on prenne une minute pour réfléchir au milieu de l’IT et de ses mises en concurrence perpétuelles de prestataires.
Notez bien que je ne me plains pas, ces mise en concurrences n’existeraient pas, je n’aurais pas de travail.

Mais la profusion de ces mises en concurrences sur le marché n’amènerait-t-elle finalement pas plus de frustration et de paralysie chez nos clients que de satisfaction dans le fait d’avoir eu le choix ?

Ceux-ci ne sont-ils pas un peu trop sollicités par des vagues de marketing licorne-Paillette-qui-vend-du-rêve-avec-du-bulshitbingo dans les propositions, au point de les priver de faire finalement le meilleur choix ? Prennent-ils vraiment leur décisions rapidement lorsqu’ils ont 10-15 prestataires à évaluer ?
« Oui mais faut bien se distinguer »
En effet, mais un des critères de go-NoGo en avant-vente d’un projet, devrait déjà être : le nombre de sociétés qui se présentent pour répondre. Plus il y a de sociétés, plus on devrait pencher en faveur du NoGO c’est une évidence.
Bien sûr, le client ne veut pas toujours le communiquer, ce nombre, en ce cas, il conviendrait là aussi de spontanément, décliner de présenter sa candidature.
Soit pour s’éviter de gaspiller de l’énergie en vain en avant-vente soit, dans le pire des cas, pour ne pas envoyer des consultants dans une mission où le client serait, de fait, insatisfait car en son for intérieur, il penserait qu’il aurait pu avoir mieux ?

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On ne compte pas le nombre de missions qui émergent pour demander à des ESN de faire des comparatifs d’outils tant la profusion des solutions disponibles sur le marché n’a créé que confusion et crainte de l’erreur.
Et on ne compte pas le nombre d’ESN que ça n’intéresse pas, parce que personne n’aime devoir faire des comparatifs. C’est relou, c’est long, et l’épanouissement qu’on obtient dans ce genre de mission ne s’inscrit plus au tableau des consultants experts comme une étape indispensable dans la roadmap d’une belle carrière (enfin sauf si on est un poil masochiste).

Et si la solution ça serait plutôt de tisser une relation de proximité avec le client, lui permettant ainsi de se former un cercle restreint de prestataires ou de solutions techniques à choisir, dans un partenariat sain qui permettrait plus de satisfaction mutuelle.
Moins de papier d’alu, plus de chocolat.
Et si on rendait du coup sa dimension humaine aux métiers du commerce ?

Je rêve, hein, je sais…

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*(1) Photos prisent par moi, libre de droit, j’attends vos posts sur 9gag dès demain matin.

Le Ted Talk : « Barry Schwartz » sur le paradoxe du choix.

It’s not the genius at the top giving direction that makes people great. It is the great people that make the guy at the top look like a genius

 

It’s not the genius at the top giving direction that makes people great. It is the great people that make the guy at the top look like a genius

Simon Sinek – Leader eat last.

Leaders want to feel safe too. No matter what place we occupy in the pecking order, every single one of us wants to feel like we are valued by the others in the groupe. If we are having a bad day at work and our performance is suffering, instead of yelling at us, we wish our bosses would ask us, « Are you ok ? » And likewise, we as members of the Circle have a responsability to our leaders -that’s what makes us valuable to them, not our numbers. So when our boss comes down hard and us and we know the reason, it is equally our responsability to express concern for their well-being. That’s how the Cirlce of Safety stays storng.

 

Even when we know that feeling insecure at work hurts our performance and our helth, sometimes even killing us, we stay in jobs we hate. For some reason, we are able to convince ourselves that unknown danger outside are more perilous than the dangers inside. And so we adapt and put up with unconfortable work environnements that do not make us feel good or inspire our best work. We have all, at some time, rationalized our position or our place and continued doing exactly what we were doing.

Du même auteur :
Sur la coopération
Sur l’inspiration
Sur la passion
Sur le leadership

« Travail caché »

Companies large and small have off-loaded work onto the backs of consumers. Things that used to be done for us, as part of the value-added service of working with a company, we are now expected to do ourselves. With air travel, we’re now expected to complete our own reservation and check-in, jobs that used to be done by airline employees or travel agents. At the grocery store, we’re expected to bag our own groceries and, 31thom190.2[1]in some supermarkets, to scan your own purchases. We pump our own gas at filling stations. Telephone operators used to look up numbers for us. Some companies no longer send our bills to their services – we’re expected to log in to their website, access our account, retrieve our bill, and initiate an electronic payement ; in effect, do the job of the company for them. Collectivly, this is known as shadow work – it represent a kind of parallel, shadow economy in which a lot of the service we expect from companies has been transferred to the customer. Each of us is doing the work of others and ot getting paid for it. It is responsible for taking away a great deal of leisure time we thought we would all have in the twenty first century.

The organized mindDaniel Levitin

Et si ça vous intéresse voici le google meeting sur le sujet.

j’en parlais déjà un peu dans mon article ici

Comment réaliser une (bonne) avant-vente (en IT)

Comme promis dans un article précédent ; Voici quelques clés, pour faire ce qui me parait à moi une bonne avant-vente :

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  • Faites un rétroplanning de la réponse, estimez votre effort nécessaire, et identifiez les rôles pour vous aider ; sinon vous allez faire une réponse peu qualitative qui risque de sortir des clous et de donner une impression de « bâclé ».
  • Ne négligez pas la période des Questions / Réponses ; des questions pertinentes, correctement formulées, faisant références aux documents transmis permettent de se faire remarquer de façon intelligente et d’engager un dialogue sain avec le client, tout en respectant le process d’Appel D’offre.
  • N’hésitez pas à demander au client son prix idéal ; histoire de le sensibiliser rapidement au fait que peut-être son espérance de prix est trop haute ou trop basse. Mais aussi pour pour savoir si vous devez investir (comme temps et donc comme argent) sur cette avant-vente en fonction de ce qu’elle peut rapporter par rapport au travail qu’elle réclame. La question n’est pas aussi taboo que vous pouvez l’imaginer. Tous les clients avant de lancer un AO ont un budget. Tous. Ils espèrent ne pas avoir à négocier pour le faire grossir, donc si vous essayez de lui proposer la prestation la plus avantageuse à son prix, vous allez marquer des points.
  • Apportez du conseil et de la préconisation dans vos propositions : aidez le client (avec des situations concrètes et des exemples empiriques) à se projeter dans son projet comme s’il était déjà en train de le faire avec vous. Parfois, la technologie manque terriblement de maturité, et cela s’avère difficile d’apporter du conseil, dans ce cas, soyez honnête et faite preuve de bon sens, aidez le client dans sa réflexion en l’informant des risques potentiels de son projet
  • Si vous ne pouvez pas faire un 100% match avec le Cahier des charges : soyez honnête mais… ne vous dévalorisez pas ; justifiez pourquoi vous préconisez telle ou telle démarches alternatives au cahier des charges et expliquez les bénéfices que cela apporte au client, toutefois…
  • Ne faites pas de hors sujet Le client attend que vous répondiez à son cahier des charges et donc, à ses attentes, donc ne répondez pas autre chose que ce qui est demandé (à moins que ce soit en supplément de votre proposition ou en option). Les clients détestent qu’on leur verse un discours qui ne les concerne pas.
  • A fond la forme Rappelez vous que la forme est aussi importante que la fond soignez votre présentation documentaire, faites en sorte que le client le trouve aussi sexy que facile à comprendre.
  • Atancion o photte Faites TOUJOURS relire votre proposition à quelqu’un afin que celle ci élague une bonne parties des fautes et cela fait une boucle de feedback qui permet d’ajuster sa propale sur quelques points d’incompréhension.
  • Soyez didactique ; facilitez la lecture de vos documents et de votre réponse ; soyez fluide, adoptez pour un style littéraire et graphique agréable, et anticipez les questions potentielles relatives à votre proposition ; pour cela l’idéal est de faire lire votre proposition par quelqu’un qui n’est pas du domaine métier (ni technique) du projet pour assurer une compréhension la plus universelle possible. D’ailleurs…
  • Soyez tout public; Rappelez vous que les sponsors des projets restent des personnes opérationnelles et fonctionnelle, qui ne sont pas forcement techniques, donc, faites en sorte de ménager des parties dont la lecture est simplifiée pour quelqu’un de non technique comme des points de focus, ou des rubriques citation. Et ne traînez pas trop à les faire apparaître dans votre proposition technique.
  • Anticipez les questions… et les objections. Sur ce point aussi, soyez malins, levez tout les doutes, et anticipez les questions principales que le client pourrait avoir. On se persuade souvent d’être parfaitement compréhensible, clair ou évident. Mais votre client n’est certainement pas dans votre tête, ses évidences ne sont pas les vôtres, donc choisissez l’absence d’ambiguïté plutôt que la présupposition du savoir.
  • Parlez au futur et soyez positif. Déjà éliminez le langage parasite avec des mots négatifs, ne parlez pas de problèmes, parlez de « défis » ou « challenge » à la place.
  • Inspirez vous de votre expérience personnelle pour convaincre ; Il a de grandes chances que ce qui marche sur vous marche sur d’autres *(1). Qu’est-ce qui marche pour vous convaincre ? Appliquez le dans un argumentaire pour encourager le client à vous choisir.
  • Éventuellement si le client voit beaucoup de risques techniques à son projet, si cela est possible : prévoyez une maquette, ou une démonstration de quelques briques fonctionnelles et/ou techniques, mais réservez cela si vous avez vraiment le temps de le faire : mieux vaut une démo parfaite qu’une semi-demo qui a un effet Bonaldi.
  • Vérifiez votre réputation ; on y pense assez peu mais la réputation d’une entreprise peut effacer toutes les meilleures préconisations qu’elle peut faire dans une proposition, c’est toute la différence entre « dire qu’on peut faire » et « savoir faire ». Vérifiez l’opinion que le client a de vous, et rappelez vous, que le social engineering ce n’est pas interdit, voire c’est fortement recommandé.

*(1) Ceci est un pseudo Dogme, « il y a des chances » ne veut jamais dire que ça marche à 100%.

Vous pouvez venir compléter cette liste >> pour cela la barre des commentaires est à vous.

De l’auto-organisation et de l’auto-gestion.

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La notion de cadre est ici très importante, car il ne faut pas confondre « auto-organisation » et « auto-gestion ». L’auto-gestion laisse à l’équipe le pouvoir de décider de tout ce qui la concerne, de sa structure à sa raison d’être, en passant par ce sur quoi elle doit travailler. Tandis que l’auto-organisation laisse les équipes s’organiser comme elles l’entendent, mais au sein d’un cadre défini pour réaliser un travail donné.
Or il est bien question d’auto-organisation dans le Manifeste agile, qui introduit cette notion au travers du principe suivant : « Les meilleures architectures, spécifications et conceptions émergent d’équipes auto-organisées »

Les managers, les grands oubliés du manifeste agile – Jerôme Carfantan

le passif-agressif, l’ennemi de la productivité en entreprise

« Comment ça se fait que je n’ai pas été informé ? »
« je n’ai plus de nouvelles ? Alors que j’ai demandé 2 fois… »
« Je ne vois pas pourquoi on s’intéresse à ça, peut-être qu’on devrait sortir ce sujet de la discussion »

On entend souvent ces petites phrases, on ne sait jamais vraiment si elles sont vraiment agressives, mais elles nous irritent.

Comment reconnaître le passif Agressif ?

D’abord commençons par la définition de Wikitesdoigts :

Un comportement passif-agressif est un ensemble d’attitudes dites passives qui expriment indirectement une hostilité cachée qui n’est donc pas assumée ou vécue : rancune, frustration, haine, colère, malaise relationnel… Les attitudes passives consistent en diverses formes de résistance, d’impuissance apparente ou d’évitement dans les activités et relations interpersonnelles.

ça vous avance ? Nan, pas trop trop ? C’est normal ! Rien ne vaut un bon petit exemple pratique :

ha mais je ne remets pas en question ta compétence ou ton expérience, je me demande si ma proposition n’est pas meilleure

Traduction : Je remets en question ta compétence et ton expérience car je suis persuadé que mon idée est meilleure.

Non mais on fait comme il faut le faire, je ne comprends pas bien mais à la fin c’est qui qui décide ?

Traduction : Non mais parce que tu penses que c’est toi qui décide ?

Ce qui est bien avec mon 4/5ème c’est que moi je peux élever mes enfants

Traduction : toi tu es au 5/5ème, donc tu ne les élèves pas.

Bien sûr tu as le choix de partir à l’heure, ou de soutenir ton équipe en restant plus longtemps.

Traduction: Tu ne soutiens pas ton équipe en ne faisant pas d’heure supp.

Vous commencez à comprendre ? Lorsqu’il y a du passif agressif, en gros c’est qu’il existe une phrase, plus directe, plus franche, moins ambiguë et plus précise qui permet de remplacer un discours en apparence « sans agressivité ». Par contre je ne vous conseille pas de vous livrer à l’exercice de l’interprétation, mais bien de la simplification du discours direct.

Pourquoi c’est contre-productif ?

Il faut comprendre que le passif agressif prend sa source dans un ensemble de désordres émotionnels qui sont humainement contre-productives et dénotent de nombreux problèmes :

– Le passif agressif a une colère rentrée. Il a un problème de colère et il ne s’en souci pas. D’ailleurs il va souvent vous reprocher votre colère, vous suggérer de faire quelque chose pour vous « guérir » alors que bien souvent il est à l’origine de votre attitude, mais ne va jamais agir sur la sienne. Le problème ? Le passif agressif n’exprime pas ses sentiments, il procrastine ses propres émotions.
– Le passif agressif a un sentiment profond d’insécurité, sa défense c’est l’attaque, mais pas n’importe quelle attaque, une attaque basse et indirecte. Le problème ? C’est que parfois il n’y a aucune menace, et qu’il s’en invente parce qu’il a un sentiment d’insécurité latent.
– le passif agressif vois la vie de façon très négative, il voit des recoin d’ombres partout, mais il refuse qu’on lui dépeigne le monde de manière positive. D’ailleurs quand il décrit les choses dans ce qui semble positif, c’est un voile des illusions auquel le P-A ne croit pas lui-même. Cela peut passer pour un mensonge car on perçois vite que le P-A ne crois même pas dans ce qu’il dit lui-même. Mais, il ne le reconnaîtra jamais. Le passif aggressif, au fond, se sent misérable, et ne souhaite juste que vous voir descendre à son niveau.

calimeroC’est réellement contre productif, parce que le passif agressif, quasi compulsif, n’obtient des résultats que par la souffrance et non par la confiance. Lorsqu’on brise le cercle de la confiance on perd en productivité car on passe plus de temps à couvrir son cucul qu’à réellement produire. Sorte de Tyran, le P-A n’obtient des choses que par la manipulation, l’obscurantisme, la tension et la fabrication d’excuses (oui ce n’est jamais la faute du passif agressif, d’ailleurs c’est un bon signal qu’il s’agit d’un P-A, il ne reconnait jamais ses erreurs ou s’il le fait, il se victimise en se déplaçant du rôle d’acteur à calimero)

danseuse[1]Aussi, le passif agressif agit sur une forme d’illogisme ; obscurs, les propos du P-A ne permettent pas d’être prises pour des instructions claires. Cela peut passer par de l’exagération ou une opposition systématique qui mène à dire un jour une chose et le lendemain son contraire. C’est un peu comme cette danseuse en rotation, où il est difficile de savoir vraiment dans quel sens elle tourne.

Mais alors comment et quand l’utiliser ?

Je ne vais pas dire qu’on ne l’utilise pas tous un peu, ni qu’il faut absolument le bannir de toutes communications. Certaines personnes ne peuvent pas être confrontées par de l’agressif pur, ou de l’interrogatif pur. Il est parfois nécessaire de s’adresser à ces personnes en les bousculant un peu (je dis bien « un peu ») par le biais de cet outil qu’est le passif agressif.
Mais je conseille de ne jamais dépasser le stade de l’expérimentation ponctuelle, sur le long terme on obtient jamais de bons résultats, et on a généré rancœur, frustration et colère rentrée. Il faut se souvenir que la communication est issue de la mimétique, lorsque vous adoptez un comportement, vous risquez toujours de l’obtenir en face de vous, parfaitement imité, et qui vous revient dans la figure comme un boomerang.
Lorsque vous essayerez trop de prendre le contrôle par ce biais, vous aurez en face de vous, les mêmes attitudes de mauvaise foi qui tenteront à votre « opposant » de reprendre la barre et cela peut devenir un cercle vicieux.
Donc, un peu, avec parcimonie, et quand vous n’avez pas d’autres choix. (mais si « quand vous n’avez pas d’autres choix, tout le temps, alors c’est vous qui avez un problème »).

Quelles alternatives ?

S’il y a avait un recette miracle pour lutter contre le passif agressif, j’adorerais vous la donner. Mais il ne faut pas se leurrer, ce n’est clairement pas si simple. Ce comportement ne laisse pas de trace « visible » au premier abord, d’ailleurs, le P-A a des effets à retardement qui peuvent être dramatiques sur l’équilibre personnel. A moins de chercher à gratter dans la psyché et de reconstruire les conversations (et d’avoir une bonne mémoire pour le faire…) il est assez difficile de repérer ce qui fait un passif agressif. C’est probablement aussi pour cela qu’on trouve de nombreux articles avec des listes longues comme le bras de « symptômes » pour repérer un passif agressif.
Il s’agit donc de s’interroger toujours pour savoir pourquoi quelque chose nous a blessé, était-ce gratuit ? Était-ce justifié ? Est-ce que cela valait le coup de vous dire cela ? Et de vous le dire comme cela ?
Et de votre coté, si vous avez quelque chose à dire, faites votre recette entre diplomatie franchise et essayer de rester dans la logique.

articles connexes sur le passif agressif

la cible commerciale, juste.

Febreze

Lorsqu’on fait une avant-vente, voire, lorsqu’on essaye de vendre quelque chose d’un peu nouveau, il faut savoir trouver le pattern juste, la composition qui est la plus adaptée entre marketing et proposition commerciale.
Pour cela il faut comprendre ceux qui peuvent vraiment être potentiellement des clients.
Cela demande un certain degré d’expérimentation, et certains ont prit parfois de très gros paris sur l’expérimentation, mus, fort probablement par la certitude d’avoir compris le pattern juste, « la cible commerciale juste » du produit. Jusqu’à… Jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils avaient mal étudié la situation.

Vous ne me croyez pas ? Voici l’histoire de Fébrèze.

– Fébrèze ? Le truc pour rafraichir la maison ?
– Oui enfin au départ, c’était un truc pour enlever les mauvaises odeurs.

D’ailleurs, ça les enlève toujours. Mais maintenant c’est agrémenté d’un parfum.

Tout commence lorsque par un hasard incroyable un chercheur découvre qu’il a inventé la molécule qui supprime les odeurs, parce que sa femme, un soir où il rentrait chez lui, après qu’il se soit aspergé par maladresse d’une solution de la nouvelle molécule, pense qu’il a enfin arrêté de fumer…

Ainsi était né le Fébrèze. Sauf que bon, une fois inventé, on avait mis des sous dans ce laboratoire, il fallait le commercialiser ce produit, et c’est là que les choses se sont compliquées.
Persuadé de la vertu désodorisante du produit, la société qui a distribué le produit (P&G pour ceux qui n’auraient encore jamais ouvert un placard à balais) est passé par une vague d’échantillonnages distribués avec force action de suivi des consommateurs. La vague, a fait tombé les chercheurs sur un signal faible (vous voyez venir l’erreur ?): une femme, garde champêtre de son métier, qu’on appellera Jeanine parce que je n’aime pas laisser les gens sans prénom, qui ne parvenait plus à aspirer à une quelconque vie intime tellement son salon sentait la moufette. De la vraie moufette, trouvée dans les rue de la ville et qu’elle devait au matin replacer dans son habitat naturel : la forêt (mais la nuit, bon, elle l’a gardait chez elle…)
Le Fébrèze est apparu dans la vie de Jeanine comme un témoin de Jéhovah après de nombreuses années de célibat forcé. Son habitat pouvait enfin rentrer en odeur de sainteté, et la belle, les larmes aux yeux, avait fait croire aux chercheurs qu’il s’agissait de la bonne cible produit. Sauf que des Jeannine en fait, y’en avait qu’une, et qu’une seule Jeannine n’allait pas faire vendre le produit.

Fébrèze était donc destiné à un public qui puait, chez lui, sans faire exprès et avait envie que ça change (ça en faisait des conditions…)

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Sauf que quand on pu, on ne le sait pas, ou on ne s’en rend plus tellement compte. Et que du coup, à moins d’un ami bienveillant, on ne se rendra jamais compte qu’on habite sur le mont Golgotha.
Du coup, du Fébrèze on n’achète pas. Même si dans 6000 enseignes la marque a mis des jolis pyramides de Fébrèze juste à coté des caisse et qu’elle a dépensé plein de kopek dans un clip publicitaire qui vente les bienfaits du Fébrèze pour retrouver un canapé sans extension canicus parfumus.

Mais alors du coup, si les gens qui pus l’achètent pas, qui va l’acheter ?

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Quelques nouveaux mois d’expérimentation furent encore jetés par les fenêtres (en même temps quand on est P&G, qu’on nettoie tout, du sol au plafond : en passant évidemment par notre mobilier, -toutes- nos extensions capillaires et dentaires, nos fripes ainsi que nos draps, on a un peu les moyens de retenter sa chance sur un produit révolutionnaire et de salubrité public) pour découvrir que en fait, Nan, c’était la bonne ménagère (classique et qui a pas la maison qui pu beaucoup) qui avait le plaisir du travail bien fait pour acheter le Fébrèze.

Comment ça marchait ? Après de longues observations filmées de ces ménagères s’occupant de leur maison, on finit par comprendre que le Fébrèze pouvait se vaporiser au dessus du lit * Pschiiittt Pschiiittt * avant de quitter la chambre qu’on venait de finir de ranger après quelques heures de travail. Et que ça serait bien que peut-être on y intègre une odeur « d’air pur » (entendez par là un parfum qui simule le grand air de la montagne, rempli de fleurs champêtres et d’un peu de soude caustique) histoire de pas minimiser le shoot de sérotonine sous-jacent au sentiment d’accomplissement.

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Après cette fabuleuse histoire de licorne, j’espère que vous vous doutiez où je voulais en venir.

Est-ce que vous êtes vraiment sûr du marché auquel vous vous adressez quand vous vendez un nouveau produit ?
Et si oui, comment avez-vous pu vous en assurer ? [Certitudes, intuitions, impression de connaitre votre marché] ou [observations, analyses et… expérimentation] ?